Entre 2002 et 2012, plus de 200 élèves du collège Denfert-Rochereau, du lycée Jacques Amyot ont cité à la cérémonie du 11 novembre les 694 soldats Morts pour la France en précisant le jour et le lieu de décès de chacun d'entre eux. Puisse ce site permettre à nos jeunes de mieux comprendre cette tragique page de l'histoire, à nos familles de rafraîchir leur mémoire éprouvée légitimement par le temps, à nos glorieux soldats de ne pas tomber dans l'oubli.

lundi 11 août 2014

Chapitre 6 la course à la mer


 La Bataille de l’Aisne (13-21 septembre 1914)
Après la victoire de la Marne, l’Etat-Major envisage d’envelopper l’ennemi par l’ouest. C’est la stratégie du débordement. La correspondance de l’historien Elie DEBIDOUR[1] avec son frère Louis sur le front donne un aperçu de l’atmosphère générale et des attentes du contournement par l’ouest. Très vite, la guerre moderne se révèle particulièrement meurtrière, d’où l’impatience d’en découdre.

« Paris, 10 novembre 1914,
Mon vieux Louis, nous avons depuis quelques temps attendu avec une particulière impatience les bonnes lettres, dont chaque phrase, lue, relue et commentée est pour nous un texte précieux et plein de sens. L’annonce d’une reprise d’activité des opérations vers Soissons, et les actions qui se déroulaient vers le Quesnoy-en-Santerre nous intéressaient instinctivement, et il nous tarde d’avoir de tes nouvelles. Elles sont venues lentement, bonnes, très bonnes, puisque tu as échappé, cher ami, à toutes sortes de danger et que, d’une façon générale, tu vas bien. Ainsi donc, toi aussi, tu[2] as été jeté dans une lutte terrible ; tu as dû en éprouver une forte émotion, mais aussi, probablement, que d’impressions singulières, extraordinaires ou vulgaires, tu as dû recueillir. Qu’il me tarde d’en entendre le récit. Les histoires les plus prestigieuses des vieux d’autrefois s’effacent devant cette campagne de France ! – Je comprends à merveille le souci que te donne la conduite de ta compagnie : deux cents hommes, c’est trop considérable ; il doit être bien difficile d’avoir cela dans la main, sous les yeux même ; et les faire manoeuvrer ! Cela doit être très dur, et je me rends parfaitement compte de ton embarras. Vu ton cas, je brûle de lire dans la lettre à (Lain) le récit de la part que tu as prise au combat d’Andechy.
Tous les détails que tu nous donnes nous passionnent. Je me représente l’infamie de cette vie en tranchées, la saleté, l’ennui profond… Pourquoi faut-il , par dessus le marché, que tu aies à t’occuper de cette paperasserie insupportable ! Cette platitude ajoutée à tant d’autres, est vraiment de trop. Quant à l’histoire de l’escarmouche du prisonnier, elle nous a bien intéressés. Je te vois, interrogeant ce pauvre diable, et le pansant (très chic !). Tu as dû dire évidemment tout ce qu’il fallait, et tu as certainement produit le maximum d’effet utile. Voilà au moins un Allemand qui aura pu entrevoir ce que c’est que l’humanité et ses idées sur les Français se seront peut-être modifiées ;
Que je t’accuse réception et te remercie, mon cher vieux, de ta lettre spéciale parvenue ce matin à mon bureau. Elle est d’un puissant intérêt, et jamais la réalité, que je soupçonnais, ne m’est apparue si nettement. Oui, voilà bien la guerre, la guerre moderne surtout. Ce que tu me dis des soldats qui ont fait campagne et qui se montrent plus réservés et plus prudents que les autres, ne m’étonne qu’à demi. On s’aguerrit, sans doute, mais encore faut-il que les dangers ne dépassent pas une certaine limite ; la guerre moderne n’offre plus que la machine humaine n’en peut supporter, l’habitude ne peut pas s’établir. Les instruments de cette guerre, comme les fatigues qu’elle impose sont par trop supérieurs à l’homme, qui ne peut plus suivre. Je dois dire d’ailleurs qu’un pareil état d’esprit ne laisse pas de m’inquiéter, étant donnée la longueur probable, hélas, de la campagne. Espérons qu’il est dû en partie aussi au sentiment que beaucoup d’efforts tentés sont restés stériles : un succès général et une avance marquée, qui, me semble-t-il pourront se produire dans quelque temps, relèveraient sans doute les énergies ;
Je ne me frappe donc pas, suivant ton sage et bon conseil, mon bon Louis, et je ne m’attarde pas trop sur les erreurs du commandement, qui sont pourtant vexantes, de la part d’hommes du métier. Merci de m’avoir donné ces détails qui m’ont intéressé au plus haut point, et rassuré en même temps ; je vois que l’ombre de tristesse répandue sur certains passages de tes lettres ne provient ni de ton mauvais état de santé, ni de la constatation de choses par trop graves !
            Au total, comme tu le dis, notre situation est plutôt bonne, et j’espère fermement que la phase actuelle se terminera bien pour nous. Ne sachant si tu es au courant, je t’expose brièvement comment je vois les choses. Depuis que nous avons atteint la mer entre Ostende et Dunkerque, à Vieuport, nous avons eu, loin de prendre l’offensive  pour chasser les Allemands de Belgique, à supporter des assauts furieux de leur part. Tu te demandes comment il s’est fait que nous ne fussions pas supérieurs en nombre, et d’où venaient les troupes qu’ils nous opposaient ; c’est dans l’organisation supérieure de leurs réserves qu’il faut chercher l’explication : leurs 25 corps d’armée actifs ont été triplés depuis le début de la guerre : on cite des nos extraordinaires de corps d’armée ! Le 61e, par exemple, et on peut affirmer que l’Allemagne a en ce moment en ligne près de 70 corps, pourvus de tout (canons, équipages, armement, etc…) grâce à la préparation formidable et minutieuse poursuivie depuis si longtemps. De ces corps 20 ou 22 paraissent faire front aux Russes ; le reste est sur notre dos. Du moment où nous atteignons la mer, une nouvelle armée allemande de 500.000 hommes, récemment formée a été lancée sur l’Yser sur Dixmude et Ypres. Tu connais le résultat de cette bataille acharnée, qui a été un échec pour eux, marqué par des pertes effroyables. – De nouveaux renforts leur sont arrivés (150.000 hommes, assure-t-on), et ils recommencent leur poussée, surtout vers Ypres, Armentières, la Bassée. J’espère que cette fois-ci nous tiendrons encore ; les Anglais sont là ; ils ont été extraordinaires ces jours-ci, et ont souffert atrocement. Si nous réussissons à briser cet effort, je crois qu’un grand pas sera fait vers la reprise de l’offensive. Nos réserves, à qui il manquait, je crois, bien des choses, et qui se sont organisées bien plus lentement que celles des Allemands, entreront peu à peu en ligne, avec la classe 1814. A ce moment les Allemands auront jeté à peu près toutes leurs ressources, puisque leur classe 1915 est déjà engagée. Enfin, après les six mois de formation prévus, vers février, commenceront à arriver les très gros contingents anglais.
            Du reste les évènements peuvent prendre une allure  plus rapide par le fait de l’entrée en scène des Russes, dont la masse paraît être d’une puissance énorme, et qui semblent bien menés. Ils envahissent assez rapidement la Prusse orientale et viennent de refouler violemment les Allemands en Silésie et vers Posen ; ils ont pénétré en Allemagne au sud de Posen, et les Boches ont dû abandonner leurs défenses préparées à l’avance sur la Wartha. D’autre part les Autrichiens sont en retraite partout, les uns vers Cracovie, dont les Russes ne sont plus qu’à 35 kilomètres, coupés des autres qui sont refoulés vers les Karpathes.
Les opérations paraissent tout à fait grandioses. Si cela continue ainsi, il va se produire un événement décisif : l’invasion du territoire allemand qui aura, je crois une influence énorme sur le peuple allemand en lui faisant comprendre d’abord sa véritable situation et sentir ensuite la réalité de la guerre qu’il n’a jamais connue que faite chez les autres. Cela peut avoir de grandes conséquences. »

coll. musée de Joigny


  SOISSONS

Hôpital de Soissons

Av 5 janvier 1915        
Albert GARNIER[3], (caporal au 1er R. de Génie), « est mort des suites de blessures à l’hôpital de Soissons. Sa famille habite rue Thomas-Girardin, 2, à Auxerre. Il était âgé de 30 ans. Il laisse une veuve et trois jeunes enfants. »[4]

 

Moulin  S/Touvent 35 F2Au combat de Puisieux
16 septembre 1914     
Jacques HIST (Lieutenant-Colonel, du 68e  R. I., 263e R.I.) âgé de 24 ans, son beau-frère M. Zagovowski est domicilié rue de la Maladière à Auxerre.
« 15 septembre 1914[5]  La brigade est placée en réserve générale, et reçoit l’ordre de se placerdans le ravin de la Falaise, à la disposition du général Ebener. A midi, l’ordre est donné au régiment de se porter à l’attaque des crêtes à l’Ouest de Puiseux , en passant par Moulin S/Touvent. Puiseux est occupé, trois compagnies s’installent en cantonnement d’alerte, une compagnie va occuper le boqueteau à l’Est de Puiseux ;

16 septembre, (…) ordre est donné d’occuper la crête qui s’étend entre Puiseux et le mot « Ferme ». Le régiment est accueilli dans sa marche en avant par un violent feu d’artillerie, beaucoup de blessés. A midi, le colonel donne l’ordre d’attaquer la position de Tiolet aux 3 compagnies, appuyées à droite par le 338e et à gauche par le 307e. Au moment où le mouvement avant commence, le colonel  [Hist] qui s’est engagé imprudemment à proximité de la ligne de tirailleurs tombe mortellement frappé. Devant un feu violent de mitrailleuses, et d’artillerie, le régiment se trouve dans l’impossibilité de progresser, il se maintient sur sa position en construisant des tranchées et y passe la nuit. »

23 septembre 1914    
Marcel GOUPIL des PALLIERES (caporal au 2e R. de zouaves) âgé de 21 ans, décédé des suites de ses blessures à Tracy-le-Mont, à côté de Moulin, sa famille domicilié 6 rue Michel Lepelletier.

Mercin (banlieue ouest de Soissons 36 B3)
10 octobre 1914         
Paul-Eugène COLAS (204 R.I. caporal), âgé de 27 ans,  tué sur le champ de bataille, comptable à la maison Soisson, domicilié à Auxerre  31 rue Darnus, et sa famille 28 rue Louis Richard. « Il laisse une veuve et un enfant en bas-âge. »[6]
« Samedi 10 octobre[7] le régiment conserve les mêmes positions. Le commandant Chalet ayant constaté au cours d’une reconnaissance l’existence de tranchées ennemies sur les rives de l’Aisne fit ouvrir le feu des mitrailleuses sur ces tranchées, qui eut pour résultat de faire évacuer ces dernières. Au cours de la reconnaissance du commandant Chalet nos pertes ont été de 1 homme tué Colas Paul caporal né à Auxerre. » 

Villers-Cotterêts (36 A4)
20 octobre 1914         
André Antoine CORNESSE (20e Cie, 204e R.I.), âgé de 32 ans, mort des suites de blessures de guerre, sa belle-sœur Mme Rapin dont le mari a été tué en novembre[8] habite 1 rue de l’Yonne à Auxerre.
« Mardi 20 octobre[9]  le régiment conserve les mêmes positions la journée se passe sans incident. » Il n’est pas possible de préciser à quel combat André Cornesse a été mortellement blessé. Le JMO du régiment révèle seulement des combats violents dans les jours qui précèdent comme le mardi 13 octobre : « le régiment conserve les positions qui lui ont été affectées hier, la journée se passe relativement calme quelques coups de feu échangés entre les tranchées françaises et allemandes. A 18h la nuit se fait particulièrement sombre, le calme est absolu. A 19 heures éclate sur toute la ligne ennemie aussi loin que l’on peut voir les lueurs et entendre les coups, une violente fusillade, elle donne l’impression d’une attaque générale ennemie concertée et ordonnée pour une heure déterminée. Le Lt colonel commandant le 204e fait prendre les armes à sa réserve (18e Cie) et renouvelle l’ordre à ses deux bataillons de repousser l’attaque ennemie en tenant ferme dans les tranchées. Cet ordre fut ponctuellement exécuté.
La fusillade d’abord d’intensité uniforme diminue peu à peu vers l’Est restant très violente dans l’Ouest ; il s’y méla par intermittence une canonnade dirigée tantôt sur les tranchées et tantôt sur Soissons et menée par l’artillerie de campagne allemande.
            A 21 heures le combat était presque entièrement terminé ; des coups de feu isolés continuèrent pendant environ une demi-heure.
            Une canonnade courte violente fut encore dirigée sur la Verrerie et tout rentra dans le calme.
            A 23 h 30 une nouvelle fusillade violente fut entendue du côté de Vauxrot, elle dure environ un quart d’heure ; au cours de l’action nos troupes ne bougèrent pas des tranchées, il n’y eut pas de corps à corps soit que l’ennemi ait uniquement conduit son action par le feu, soit que son offensive ait été brisée par notre riposte qui fut instantanée.
Cartouches consommées : environ 50.000 Nos pertes ont été de : 3 tués et 6 blessés dont l’adjudant Charles Guillot né à Auxerre.


Cuffies (banlieue nord de Soissons 36 B2)

coll. musée de Joigny

16 septembre 1914    
Louis BONICHON (4e R.I.sergent fourrier, engagé pour une période de trois ans en 1911, prolongée en mars 1914 de deux ans), domicilié 18 rue Basse Perrière à Auxerre.

Léon SERVET (204 R.I., sergent), âgé de 34 ans,  arrivé au corps le 4 août, parti en renfort au 204e R.I. le 9 août, « brave sous-officier mort pour la France des suites de blessures glorieusement reçues à son poste de combat ». Croix de guerre[10] avec étoile de bronze, médaille militaire, marié et domicilié rue Basse Perrière à Auxerre[11] . Sa mère[12], domiciliée 13 rue Marcellin Berthelot reçoit le diplôme d’honneur pour son fils, le 28 novembre 1916.

« mercredi 16 septembre [13] Le régiment est en réserve à la Verrerie de Vautrot à la disposition du général commandant la 109e brigade.
L’ordre est donnée à un bataillon de se porter à l’attaque des dernières maisons de Cuffies. Le 5e Bataillon (commandant Capitaine Fabiani) est chargé d’accomplir cette mission et franchit le ravin se dirigeant vers le N.-O. 18e et 19e Cies en première ligne, 17e et 20e Cies en deuxième ligne. Après avoir rencontré des petites tranchées ennemies, le bataillon reçoit le feu de la direction ouest. Les Cies de première ligne font face alors à cette direction la 20e Cie se plaçant à la gauche de la 19e. Deux sections de la 17e se déploient face au Nord couvrant le flanc droit. La ligne entraîné par le Capitaine Fabiani Commandant le Ve Bataillon fait quelques bonds jusqu’aux pentes du ravin de Cuffies, soumise au feu violent des mitrailleuses vers les cotes 128 et 159.
Prises de front, de flanc et de revers, les 17e et 18E Cies se replient face au Nord-Est sur l’ordre du capitaine Fabiani. Les 19e et 20e  Cies reçoivent l’ordre de rester sur place face au ravin de Cuffies.
            Ces compagnies ayant ainsi leur flanc droit découvert reçoivent le feu de l’ennemi qui descendait le plateau. La 19e Cie fit face au N.N.E. baïonnette au canon suivie de la 20e Cie. Quelques éléments de ces unités après avoir essuyé un feu violent du côté droit, viennent s’abirter dans une carrière où après avoir échangé quelques coups de feu sont entourés par l’ennemi supérieur en nombre.
            Le 6e bataillon (cap. Chalet) dirigé sur le bois N.E. de Cuffies peut, en infligeant des pertes sérieuses à l’ennemi, protéger la retraite des 17e et 18e Cies ;  Ce bataillon reçoit alors des feux d’artillerie partant de la cote 159, (flanc droit) et de la cote 132 (revers). A 18 heures le régiment reçoit l’ordre de venir s’établir à la droite du 289e face au ravin de Cuffies pour boucher le trou existant entre ce régiment et les tirailleurs algériens. (…) Pertes de la journée : 14 tués, 47 blessés, 255 disparus .»

Vingré (près de Nouvron 10 Km N.O de Soissons, 36A2)
23 septembre 1914     
Laurent HISSLER (5e bataillon de chasseurs à pied), âgé de 29ans, époux d’Hélène Boilot. Son régiment se trouve en septembre dans les Vosges[14] et non dans l’Aisne.


Sur ce même champ de bataille, les 26-27 novembre, les soldats enlisés en vêtement d’été murmurent contre leur supérieur. La 5e et 6e escouade du 298e R.I. est attaquée par un commando allemand le 28 novembre : « Voilà les Boches  ! ». Dix poilus sont faits prisonniers. 24 autres se replient dans une tranchée de réserve. Mais ce repli est considéré par l’État-Major comme un « abandon de poste devant l’ennemi ». ils passent au conseil de guerre, 6 d’entre eux sont fusillés pour l’exemple.


Crouy (Nord de Soissons, 36 B2)
La bataille de Crouy consiste pour l’armée française à occuper les hauteurs entourant Soissons. Les premières tentatives échouèrent mais vers la fin décembre les troupes françaises commencent à gagner du terrain. Le 8 janvier, les tranchées allemandes sur la crête sont enfin reprises.                     
5 octobre 1914           
Albert Auguste MARANDÉ ( 204e R.I, 5e bataillon, sergent dans la 17e Cie) tué sur le champ de bataille, âgé de 28 ans, domicilié à Auxerre Place Robillard.
Suit un témoignage émouvant, où l’ordre d’attaque ne fut pas suivi de l’élan attendu des soldats de 1ère ligne. Seuls les plus courageux s’exposèrent…
« 5 octobre 1914[15], (…) le 204e chargé de l’attaque secondaire du plateau de la cote 132 (…) I. Liaison avec le régiment de Chasseurs indigènes qui devait soutenir la droite de l’attaque par les fonds des ravins de Crouy. Choix d’un objectif principal : les tranchées ennemies d’un revers Est du ^plateau 132 ; emploi pour cet objectif principal 3 Cies, maintien sur tout le front du plateau 132 de l’ennemi qui occupait ses tranchées par l’ouverture d’un feu très violent.Le commandant Chalet fut chargé du commandement de la ligne des tranchées. Les Cies Gouze (17e) Gaumont (18e) Noël (19e) furent chargées de l’attaque sous les ordres directs du colonel. (…) L’artillerie de campagne qui était à Bucy-le-Long (…)prépara cette attaque à partir de midi dans d’excellentes conditions. La section de mitrailleuses du Lt Vigrieux postée en un point d’où elle pouvait prendre d’écharpe les tranchées ennemies devait ouvrir le feu au signal du colonel. Cette ouverture du feu de la mitrailleuse était le signal convenu du déclanchement du feu sur toute la ligne et simultanément du lancer de l’attaque.
 Le colonel (…) escomptait ainsi un effet de surprise qui devait entraîner le succès.
Ce succès ne fut qu’à demi obtenu malgré l’énergie et l’allant avec lesquels la Cie d’attaque de 1ère ligne fut commandée. Cette vigueur dans le commandement ne put néanmoins entraîner sous le feu violent qu’un petit nombre d’hommes (les plus courageux) les autres ayant eu besoin d’une seconde intervention pour vaincre un léger émoi.
 La petite perte de temps qui en fut la conséquence suffit néanmoins pour annihiler l’effet escompté de surprise, il amena le gros de l’attaque devant un ennemi prévenu.
Il en résulta des pertes assez fortes et l’impossibilité d’enlever la tranchée. (…)
Le terrain conquis ne fut à aucun moment repris par l’ennemi, mais, le résultat est pourtant très minime (gain d’environ 200m) pour une perte actuellement connu de 7 tués et 42 blessés dont 2 officiers.
L’effort du régiment vers 16heures était complet sauf la dernière petite réserve de 3 sections gardées en prévision d’une contre attaque toujours possible. (…)
Nos pertes ont été de 2 officiers blessés et 55 hommes tués, blessés ou disparus. »

12 novembre 1914     
Maurice EMERY ( 204e R.I., 6e bataillon 22e Cie), âgé de 21 ans, tué à 17h sur le champ de bataille, ouvrier à l’usine Guilliet[16], marié et domicilié 9 rue Rantheaume à Auxerre. « a été inhumé près du village de Crouy. Soldat de la classe 1913 et affecté au 4e d’infanterie, M. Emery avait été malade et versé ensuite au 204e. »[17]  
« Jeudi 12 novembre[18] Le 7e C.A. doit attaquer le plateau de Nouvron. Pour favoriser cette attaque le 5e groupe de D.R. s’engage sur tout son front en prononçant son attaque principale sur Ferrières. Cette attaque est dirigée par le colonel commandant la 109e Brigade qui dispose indépendamment des troupes qui occupent la croupe Est de Crouy d’un bataillon du 204e, d’un bataillon du 282, d’un bataillon de chasseurs indigènes et 3 groupes de sapeurs du G2nie de 14 hommes chacun. (…) Sous les ordres du Lt colonel Auroux, bataillon du 204e et bataillon du chasseurs indigènes. Objectif : ligne de tranchées ennemies comprises entre la ferme Perrière et cote 173 puis chercher à déborder la ferme par l’Est et pousser sur Sous-Perrière. (…) L’attaque débouchera vers 8h30 sur le plateau. Elle a été précédée du bombardement des objectifs d’attaque de 6h30 à 8h30. Les tranchées attaquées ont été soumises à un tir aussi violent que possible. (…) le 6e bataillon du 204e et le 1er bataillon de chasseurs indigènes étaient rassemblés dans le ravin de Crouy à l’Est du cimetière entre 6h et 7 heures (…)le bataillon du 204e muni d’outils sachant s’en servir, capable d’agir en liaison avec les sapeurs du G2nie formant la tête d’attaque ; il a pour mission de venir à bout des obstacles. (…) Le chef de bataillon commandant le 6e bataillon (Ct Chalet) met en ligne au début de l’action la 23e Cie face à l’objectif avec les sapeurs et lui interdit l’usage des boyaux et l’arrêt dans les tranchées du 246e pour qu’elle conserve entièrement son esprit d’offensive en n’ayant qu’un but et une préoccupation : aborder l’ennemi.
            Le chef de bataillon garde en réserve une Cie  (probablement la 22e ) et un peloton pour faire sentir son action personnelle. (…) A plusieurs reprises la 23e Cie de 1ère ligne essaya de se relever chaque fois le feu la coucha à terre. Couchée, elle put supporter le feu de l’infanterie, mais l’artillerie commença alors à lui faire subir des pertes (…). Le peloton de gauche de la 22e Cie  qui la flanquait est arrêté également par le feu de l’infanterie.Il  fallait donc chercher vers la droite le succès que le centre ne pouvait obtenir. A 14h 35 la compagnie Marocaine établissait enfin la jonction avec la Brigade mixte.  (…) 16h 15 (…) ordre d’arrêter toute progression et de conserver les positions conquises. [ Maurice EMERY tombe à 17 heures]  La ligne des positions conquises variant de la gauche à la droite de 40 à 150 mètres. (…) 11 tués, 28 blessés et 5 disparus. »

15 décembre 1914     
Julien Auguste GOUMY (204e R.I., 5e bataillon, 20e cie commandée par le lieutenant Martin) âgé de 28 ans , tué à 20h « d’une balle en plein front alors qu’il se trouvait en sentinelle. » Fils d’Eugène et de Rosalie Blanvillain, il laisse une veuve demeurant 88 rue du Pont à Auxerre. « employé chez M. Delépine, négociant en chaussures, rue du Temple. (…) »[19]
« Mardi 15 décembre[20] aucun renseignement sur l’ennemi, continuation des travaux de sape. Quelques coups de canon sont tirés sur la barricade située route de Terny. Nos pertes sont de : 1 tué et 1 blessé. GOUMY Julien soldat tué, Blaye Gabriel caporal blessé. »

8 janvier, 1915            
Auguste DAVOT, (204e R .I., 6e bataillon, 21e Cie) âgé de 28 ans, tué sur le champ de bataille à 16h, ouvrier à l’usine Piat, célibataire domicilié chez ses parents 9 rue Germain de Charmoy.
Ce jour de combat est très bien décrit dans le journal de marches et des opérations, à la minute près, les détails nous sont fournis. Les Allemandes ripostent sévèrement après avoir laisser « trop facilement » leur avant-poste. « La conservation des tranchées nécessitera une consommation d’hommes plus forte … ».
« Vendredi 8 janvier[21] Toutes les opérations préliminaires jusqu’au départ des sapeurs pour faire partir les explosifs destinés à la destruction du fil de fer se sont passées conformément à l’ordre des opérations .
            Quatre  explosions sur dix prévues ont été opérées néanmoins les sapeurs avaient pu reconnaître que les fils de fer n’étaient pas très solides et pouvaient être détruits à la main ; de plus l’effet de l’artillerie ayant été considérable sur les fils de fer l’attaque fut décidée. Elle réussit admirablement.
            Toutes les colonnes étant parties simultanément et s’étant portées sans hésitation sur les tranchées ennemies dans lesquelles elles sautèrent aux points désignés. D’un seul élan, les troupes franchirent 3 tranchées et dépassèrent la tranchée U.V. Au bout de peu d’instants les tranchées U’GHUVLMKJJ’I[22] étaient entre nos mains.
            Deux violentes contre-attaques allemandes eurent lieu vers 13 heures à droite et vers 16 heures à gauche. [ heure à laquelle tombe Auguste Davot ] Le capitaine Wolf qui commandait la droite était blessé,  ( ;) et les compagnies de gauche très éprouvées. 
( …) 13h 25 Un sapeur apporte le renseignement suivant : Une contre attaque allemande a eu lieu et a été arrêtée par notre artillerie.
13h 30 Lt Colonel Auroux au lt Charvey : une section de renfort de la 9e Cie de chasseurs vient d’arriver dans la tranchée conquise. Tenez ferme.
13h35 Lt Colonel Auroux au capitaine Noël (21e) qui voudra bien transmettre au comt Chalet après avoir pris mesures urgentes.
 On me signale léger fléchissement dans lignes marocaines de votre côté et sérieuse contre attaque allemande en préparation. Vous laisse juge , mesures à prendre tout en prenant toutes précautions pour ne pas tirer dans le dos de nos troupes. Si elle voulait rentrer dans tranchées françaises, la reporter en avant.  (…)
13 h 45 La pression ennemie devient de plus en plus forte. Les pertes nous sont signalées comme considérables. La conservation des tranchées conquises nécessitera une consommation en hommes plus forte que je ne l’avais cru d’abord. J’estime que vers 17h j’aurai du porter en ligne la totalité de mes deux bataillons. Il me faudra d’autres troupes pour alimenter (…)  Il y a la sensation nette et déprimante que notre artillerie cesse de nous appuyer au moment ou la situation devient critique et ou celle des Allemands donne à toute volée. Je demande instamment le concours de l’artillerie continuel et sans arrêt sans laquelle n’affirme pas conserver les positions conquises. (…)
16h15 Lt colonel Auroux à commt Chalet. Pouvez-vous me faire part de votre opinion au sujet de la possibilité de répondre au desiderata du Général de Division sur une attaque demain matin sur les positions qui sont devant vous avec vos seuls moyens.
16h17 Une contre attaque se précise. Une fusée est lancée, notre artillerie commence à tirer.
(…)
            Il semble sans qu’il soit possible de l’affirmer que cette gauche s’était avancée au delà de U’ ou elle a été très exposée. C’est le seul point de la ligne où en raison du grand nombre de gradés mis hors de combat et de la disparition du chef où la contre attaque allemande a réussi à nous faire plier. Les hommes qui avaient replié jusqu’au près du colonel au nombre d’une soixantaine environ ont été reportés en avant dans les tranchées conquises ;
  Ces derniers faits s’étant passés à la nuit il est impossible actuellement de préciser jusqu’où s’étend notre extrême gauche dans les tranchées conquises et si elle atteint encore  U’ ou si elle se trouve seulement entre G et U’.  (…) Actuellement notre boyau de communication a atteint la sape allemande mais cette dernière est très peu praticable; elle aura besoin d’un aménagement sérieux qui se poursuivra cette nuit. Les communications à travers champs n’ont pas cessé un seul instant et c’est à travers champs que va se faire la relève par le 231e.  Tout le monde travaille partout avec acharnement. La troupe a été absolument superbe d’entrain d’abord et ensuite d’endurance, sauf le petit fléchissement de l’extrême gauche.  »




12 janvier 1915          
Henry GASTEBLED ( 276e R.I. 26e R.I. [23]), âgé de 34 ans,  tué à l’ennemi, époux de Henriette Raoult.
« 12 janvier[24] La nuit se passe sur le front dans les mêmes conditions que la précédente. (…) A 7h 30 du matin, la canonnade ennemie reprend avec une plus grande intensité. A 8 heures, une attaque générale ennemie est prononcée sur tout le front. Dans le secteur de droite, les Cies après avoir résisté jusqu’à l’épuisement complet de leurs dernières cartouches, refluent dans notre première parallèle où elles se maintiennent avec les chasseurs. La 24e Cie se cramponne à la tranchée allemande de la dent de Crouy, sur ce front, la situation ne se modifie pas entre 10 heures et 16 heures.
            Dans le secteur de gauche, les tranchées forcées aux Allemands sont assez rapidement enlevées. La première parallèle, ainsi que la 2ème sont traversées par l’ennemi qui arrive à prendre le petit bois de front et sur les deux flancs.
            La 19e Cie, qui en défend la lisière Nord est prise par derrière malgré les deux compagnies de réserve du 60e qui s’y trouvaient et est mise hors de cause en quelques minutes.  (…) le capitaine Lenceste rassemblant des éléments des 1èe, 18e et 20e Cies cherche à faire des barrages, face au Nord et face à l’Est ; il est frappé mortellement. La compagnie du 282e qui défendait la lisière du bois de Cuffies, recule jusqu’aux abords de la ferme de la Montagne Neuve. Le capitaine Roquet prend à son tour le commandement  (…) il établit un barrage solide qu’il tient énergiquement jusqu’à 16 heures. A ce moment, il est relevé par un bataillon du 204e. Le 5e bataillon est placé en réserve à la ferme. »







Soissons (Hôpital)
7 octobre 1914            
Joseph ABRY (22e Cie 4e R.I.), âgé de 27 ans, mort à l’hôpital des blessures de guerre, marié et domicilié 3 rue Camille Desmoulins à Auxerre.
Av 18 novembre 1914 … Tinten, « tambour au 204e de ligne, est mort de fièvre typhoïde à l’hôpital de Soissons. Notre compatriote était dans les tranchées autour de Soissons. Gravement malade, il fut admis à l’hôpital, mais les progrès du mal ne purent être enrayés. M. Tinten était âgé de 28 ans. Il laisse une veuve et deux enfants en bas âge. Son père habite rue des Moreaux, 42. »[25]

25 novembre 1914     
Louis DEFORGES (204 R.I. 23e Cie, sous-lieutenant), âgé de 39 ans mort à 15h de blessures de guerre à l’Hôpital de Soissons, ambulance n°2, 55e division de réserve, époux de Marie-Louise Delorme, domicilié chez M. Delorme, rue Fécaudière à Auxerre.

26 décembre 1914      
Louis PÉRIARD ( 204e R.I., 17e Cie lieutenant), Croix de guerre, mort à 8h à l’hôpital de blessures de guerre. Entrepreneur de marbrerie, marié à Paula Andréa Cibraire Lélio, domicilié 12 rue de l’Arquebuse à Auxerre. « Nous avons annoncé que le lieutenant Louis Périard, commandant la 1èe compagnie du 204e d’infanterie, avait été grièvement blessé. Nous apprenons avec peine qu’il a succombé à ses blessures. Le jour de Noël, lors d’une attaque prononcée par le 204e, le lieutenant Périard s’était élancé seul en avant, avec sa bravoure coutumière, pour couper les fils de fer de la défense ennemie. Atteint à la hanche par une balle, il fut transporté dans une tranchée. A ce moment, un obus arriva et éclata sous le siège où on l’avait placé, l’atteignant au ventre et lui broyant les deux cuisses. Des infirmiers qui lui donnaient des soins, l’un fut coupé en deux et l’autre blessé. Transporté à l’hôpital de Soissons, il y succomba le lendemain samedi. Il était proposé pour la Légion d’honneur et le grade de capitaine. Âgé de 34 ans, le défunt avait épousé la fille de Mme Cibrario, photographe, rue du Temple, 2. Il laisse une orpheline de cinq ans. »[26]

13 janvier 1915          
Edmond SARREY (45e B.C.P[27]., sous-lieutenant de réserve), âgé de 28 ans, tombé au champ d’honneur, sa famille domiciliée 19 rue Louis Richard à Auxerre. « ancien élève du collège d’Auxerre, le défunt avait suivi les cours de l’Ecole normale d’instituteurs de 1909 à 1912, année de son départ au régiment. Ses capacités militaires et physqiues, sa valeur morale, lui avaient permis de passer prommptement aspirant, puis officier de réserve. M. Edmond Sarrey était un sportsman consommé. Il avait fait partie des équipes de foot-ball du Patronage Paul Bert et de l’Ecole normale d’instituteurs. Son père, ajusteur aux usines Guilliet, habite rue Louis-Richard, 19. »[28]
                       

Creute (chemin des Dames)
22 septembre 1914    
Georges LAPETITE (4e R. de marche de zouaves) âgé de 21 ans, fils de Jean et de Louise Trouchon. Se refusant d’un côté comme de l’autre à toute guerre de tranchée, les combats sont violents. Le lieutenant Léal du 4e Zouaves rapporte la scène : « …Les hommes tombent comme des mouches. Au milieu d’un vacarme étourdissant et de la fumée, on entend de longs gémissements, des cris de douleur, des râles. D’aucuns jurent, d’autres demandent à boire. On en voit qui courent comme des fous, d’autres qui titubent comme des hommes soûls, couverts de sang, les yeux hagards, qui se traînent sur les mains vers les tranchées. Les blessures sont affreuses, affreuses… . »[29]
« 22 septembre[30] (…) Le 5e bataillon est toujours aux tranchées devant le chemin des Dames.  (…) Une existence nouvelle commence pour les troupes avec un genre de guerre auquel on ne s’était pas attendu. Il faut pendant le jour, rester terré dans les tranchées. Les morts ne peuvent être enterrés, ni les blessés secourus avant que la nuit ne soit venue. La nuit reprend alors, mais au détriment du repos des hommes. Il faut évacuer les blessés, améliorer ou reconstituer les tranchées, aller aux distributions et en même temps redoubler de surveillance pour être en état de faire face aux attaques ennemies. L’ingéniosité des chefs se manifeste dans la recherche des moyens propres à diminuer les pertes que, malgré tout, il faut savoir subir. Quelques mutations dans le régiment sont nécessitées par les pertes survenues dans le cadre. Au 5e bataillon, le lieutenant Delerue prend le commandement de la 17e Cie.  (…)
Bombardement intense. Pertes sensibles. »




Vendresse – Beaulne (Chemin des Dames) 37 D 2
18 décembre 1914     
René Emile BERTHON (12e Cie, 144e R.I.), âgé de 33 ans, tué à l’ennemi, sa mère étant domiciliée 3 rue Bourneil à Auxerre. « Il était avant la guerre mécanicien à Paris. Atteint de surdité, il avait été réformé, mais il avait contracté un engagement pour la durée de la guerre. Son frère, âgé de 30 ans, soldat d’un régiment colonial, est actuellement blessé et en traitement à Saint-Honoré-les-Bains. Les frères Berthon sont célibataires. »[31]
« 18 décembre[32] texte perdu  - à reprendre erreur de manipulation ! -




• Entre Bapaume et Oise (fin septembre 1914)
• 14&18 n°24 p 9
Bapaume
Albert
Péronne
Chaulnes
Nesles
Royes
Lassigny
Noyon
Ribércourt

ARTOIS
Pas-de-Calais :
Bullencourt
Quéant
Louverval
Bourlon
Bucquoy
Neuville-Saint-Vaast
La Targette
Notre-Dame-de-Lorette
La Cabaret Rouge
Loos-en Gohelle
Vermelles
Saint-Omer
Ruminghem
Cassel
Bailleul
Fromelles
Neuve-Chapelle
Givenchy
Saint-Etienne-du-Mont
Etaples
Montreuil-sur-Mer
Recquignies
Le Quesnoy 14&18 n°40
Frasnoy
Avesnes-sur-Helpe


• Autour d’Arras :
Il s’agit d’envelopper l’aile droite des armées allemandes qui agissent sur Bapaume.
• Notre-Dame de Lorette Oct 14 à oct 15 ( 14&18 n° 32)
• les batailles de Notre-Dame-de-Lorette oct – déc 14 (è 14&18 n°8)


Croquis de Croiziard, coll. P.Persennot, Saint-Bris-le-Vineux

Notre-Dame de Lorette

17 septembre 1914     
Léon BENARD (…)  âgé de 34 ans, époux de Louise Delarue.


18 décembre 1914     
Léon BEAUFILS (4e R.I.), âgé de 20 ans, parti aux armées le 31 août 1914, disparu, époux de Blanche Charrier, domicilié 8 rue Paul Bert à Auxerre, médailles interalliée et commémorative française de la Grande Guerre.
                                  
Louis MICHOT (4e R.I. et 17e bataillon de chasseurs à pied), âgé de 30 ans, parti au renfort le 31 août, caporal le 14 octobre, sergent le 20 octobre, célibataire, domicilié 18 rue Française à Auxerre. « représentant de commerce, fondateur du Sport athlétique auxerrois, caproal aux chasseurs à pied, tué à l’ennemi (…) Actif et très entreprenant, il était le soutien d’une nombreuse famille. »[33]
André Claude LOURY ( 17e bataillon de chasseurs à pied), âgé de 24 ans, décédé devant Notre-Dame-de-Lorette « alors qu’il secourait un camarade blessé»[34], époux de Marguerite Martinon, domicilié 1 rue Courtillière à Auxerre (ou 3 rue Paul Armandot[35]), « gendre de M. Martinon, conseiller prud’homme ouvrier ».
                                   Il est probable que ces hommes aient été victimes de tirs trop courts de nos 75 : « 8h30  Le commandant Michaud demande que notre artillerie arrête le feu des batteries allemandes (…)mais que le 75 ne tire pas sur nos tranchées. (…) 15h L’artillerie lourde tire sur nos tranchées de premières lignes (…) prévenir le colonel (…) fait cesser le feu. 16h le tir de l’artillerie lourde a cessé. Il a repris et est encore un peu court. »[36]

Carency ( Ablain-Saint-Nazaire et Notre-Dame de Lorette)
19 octobre 1914         
Paul GÉRARD (11e R. de Génie, Cie divisionnaire du Génie de la 43e division, sapeur mineur, caporal) âgé de 26 ans mort des suites de blessures,  cité à l’ordre du jour de l’armée, fils de Charles et de Gabrielle Durand, 10 rue Docteur Labosse à Auxerre.

Bully
5 octobre 1914           
Léon Edouard BARDOT (29 Dragons, 2 escadron, 2e peloton) âgé de 23 ans, brigadier,  surnuméraire des Postes à Auxerre, tué à l’ennemi à 8h du matin
                                   « 5 octobre, la brigade quitte son emplacement à 9h30 et va prendre position à l’Est de Petit Sains où elle arrive à 10h15. (…)  à 14h la brigade reçoit l’ordre d’attaquer Bully-Grenay et les hauteurs entre ce village et Aix Noulette ; (…) Bully est fouillé et reconnu inoccupé. Le 1er escadron met pied à terre et se porte à l’attaque du coteau au S.O. Cet escadron ne pouvant progresser, le colonel donne l’ordre au 2ème escadron de prolonger l’attaque  vers le S.O. Cet escadron comprit mal l’ordre qui lui était donné et au lieu de faire mettre pied à terre et d’attaquer  pied à terre, il se porta à l’attaque à cheval. Dans cette attaque, le capitaine commandant Claire et le lieutenant Rouillon de Gironville ainsi que le maréchal des logis Appert, les brigadiers de Boisgelin, Roger, Gaté, Bardot, le brigadier maréchal Tétard et les cavaliers Vaité et Jacquemart disparaissent ; (…) Les débris du 2ème escadron étaient ramenés par le sous lieutenant Fouques Duparc en arrière de Bully-Grenay et le colonel ordonnait de se replier. »[37]

Grenay (nord de Lens 8B2)

26 octobre 1914          
Paul Georges ROUX (109e R.I.) âgé de 28 ans, décédé suite à des blessures de guerre, inhumé derrière le château de Mr Malatray, son beau-frère M. Thalot Armand, domicilié 10 avenue Pierre Larousse à Auxerre. « Le défunt était ouvrier à l’atelier de cartonnages Gaillardot. Il a un frère au 37e territorial et un autre prisonneir en Allemagne. Son beau-frère, M. Armand Thalot, est également mobilisé. »[38]
                                   « 25 octobre : Journée calme et sans incidents. 26 octobre : à 8h arrive l’ordre d’attaquer le Rutoire (…)En raison de l’urgence, le bataillon d’attaque est composé des éléments les plus à proximité, savoir : une Cie du 1er Bataillon (109/3), une Cie du 2e Bataillon (109/4) le 3ème bataillon Henry devant fournir le complément des 2 Cies aussitôt qu’il sera arrivé. Le capitaine Charpentier est désigné pour prendre le commandement du bataillon d’attaque. (…) L’attaque ne se déclanche qu’à 11h30. Sous un feu violent d’artillerie, qui dure d’ailleurs toute la journée, les compagnies sont mises face à leur objectif d’attaque. Le mouvement doit s’exécuter pour ainsi dire, homme par homme, en terrain complètement découvert. A 14h30, toute la ligne se porte en avant (…)La gauche, prise d’enfilade par un feu de mousqueterie et de mitrailleuses partant de la lisière de Vermelles, marque un temps d’arrêt. La droite continue à progresser, cherchant à manœuvrer par la droite E. du Rutoire. Elle se trouve également bientôt en prise aux feux d’enfilade venant des tranchées ennemies qui, des hauteurs de Loos jusqu’à Vermelles forment une ligne ininterrompue. On s’arrête et on creuse des tranchées à 400m de la lisière du Rutoire. Il est 17h. »[39]

                

Monchy  28 octobre 1914          
Louis … (156e R.I., 11 Cie), âgé de 22 ans, mort au champ d’honneur  à 13 h, domicilié route de Lyon à Auxerre.
                                   «28 octobre 1914 : 2e  bataillon et S.M[40]. en rassemblement articulé lisière S d’Humbercamp, 10ème et 11ème (Cies) lisière S. de Pommier. 9h15, les 10e  et 11e   sous le commandement du commandant Chavanne sont mises à la disposition du Lieutenant-Colonel de Marcilly commandant le 69e pour dégager les éléments du 69e entrés dans Monchy et qui cessent d’être en liaison avec la colonne d’attaque du 69e dirigée sur cette localité . Le 2ème bataillon quitte son emplacement de réserve d’Humbercamp pour venir s’établir à la lisière O. de Pommier en réserve générale de la 11e division. (…) Les 10e et 11e Cies partant de Berles se portent à la côte 161 (moulin) pour coopérer avec le 69e à l’attaque de Monchy»[41]

Abbeville

16 janvier 1915           
Charles BERTIN (237e R.I., section de mitrailleuses), âgé de 23 ans, mort de blessures de guerre à l’hôpital militaire, tapissier, époux de Marie Henriette Faillot, domicilié 74 rue du Pont à Auxerre.

Amiens (hôpital mixte)

30 septembre 1914     
Louis CÉDÉ (37e R.I.), âgé de 23 ans, mort des suites de blessures de guerre, marié, « dont les parents habitent rue Darnus, à Auxerre. »[42] « dont une sœur habite rue louis-Richard. »[43]

 • La première « bataille de l’Artois » du 1er au 26 octobre 14

entre Arras et Lens

           Les Allemands passent à Arras le 31 août.  Les 6-7 septembre la ville est occupée et pillée.  Après plusieurs combats sporadiques dans la région d’Arras et de Saint-Pol, la première bataille de l’Artois oppose les troupes françaises à la 6e armée du  Kronprinz de Bavière.

Après la chute de Lens (4 octobre), le front se stabilise grâce aux renforts belges et britanniques. Le 149e R.I. attaque le secteur de Lorette (9 octobre) ….

ARRAS

croquis extrait du carnet de campagne d'Albert Croiziard, brancardier, coll. P.Persennot, Saint-Bris-Le-Vineux

Arleux (Nord, est d’Arras)
1er octobre 1914         
Lucien RENAULT  (44e BCP) âgé de 24 ans, tué à l’ennemi.
«1er octobre : Le bataillon débarque à Lens à 1 heure du matin. Cantonnement du bataillon à Lens. »[44] 

Neuvireuil
02 octobre 1914         
Henri PORTE (44e BCP) âgé de 27 ans, décédé près de Méricourt, époux de Rachel Delhomme, ouvrier à l’usine Guilliet, domicilié 5 rue des Lombards à Auxerre, le décès est annoncé le 6 janvier 1916[45] . « Il laisse une veuve et un petit garçon. »
                                  
 Marius RAPIN (sergent dans la 17e Cie, 42e B.C.P.), âgé de 24 ans, tué à l’ennemi, sa famille était domiciliée 1 rue de l’Yonne à Auxerre. « Il exerçait la profession de mécanicien-dentiste à Paris. Marié en mars dernier, il laisse une jeune veuve sur le point d’être mère. (…) »[46]
 Gaston ROY (17e Cie, 42e bataillon de chasseurs à pied, clairon) âgé de 23 ans mort suite de blessures de guerre, époux d’Henriette Albertine Mathieu, domicilié 60 rue Saint-Pélérin à Auxerre. Le Bourguignon du 16 novembre 1914 précise : « nous avons reçu la visite de Mme Mathieu [belle-mère de Gaston Roy] , laquelle nous a fait savoir que le même jour, elle avait eu la douleur d’apprendre la mort de son gendre et celle de son fils. M. Gaston Roy, réserviste au 42e bataillon de chasseurs à pied, a été tué à Neuvireuil le 2 octobre, le jour même où le bataillon, après avoir combattu dans l’Est pendant deux mois, était arrivé dans la région du Nord. M. Roy avait 24 ans. Il était mouleur à l’usine Guilliet. Il laisse une veuve, un petit garçon de deux ans et une petite fille née le 12 août dernier, une semaine après son départ. » La veuve Roy[47] inscrit en octobre 1917, deux jeunes enfants à l’école maternelle rue de Paris : Daniel (né le 6 mai 1912) et Henriette (née le 12 août 1914).
« 2 octobre : Départ du bataillon à 6h45. L’ennemi occupant Douai et les villages du Nord-Ouest ; la 139e brigade se porte par Bois Bernard et Neuvireuil , Fresne-les-Montauchon, couverte à gauche par le 269e (…)9h30, le 42e Bataillon de chasseurs, avant garde ne pouvant ddéboucher de Neuvireuil en raison de l’intensité du feu ennemi : la 9e Cie du 44e bataillon déborde à gauche pour le prolonger entre le village et la ferme Maville. Cette compagnie est en but à des feux d’infanterie , de mitrailleuses et d’artillerie, elle réussit à progresser néanmoins mais doit finalement s’arrêter en raison des pertes subies (…) »[48]
« 2 octobre, le bataillon, gros de l’avant-garde de la 139e Brigade, se dirige par Bois-Bernard et Neuvireuil, sur Fresnes. En arrivant à Neuvireuil, le bataillon rencontre les éclaireurs  ennemis et ne peut déboucher du village. Il subit toute la journée de violents feux d’infanterie, de mitrailleuses et d’artillerie. Il est renforcé à gauche par el 44e Bataillon ; à droite la 140e brigade essaye de s’emparer d’Appy. Pendant cette journée le bataillon subit les pertes suivantes (…) 3 octobre : Les 42e et 44e bataillons sont obligés de se retirer le 2 au soir devant des forces très supérieures sur Fresnoy où ils subissent toute la nuit et pendant la matinée du 3 de violents feux d’artillerie et d’infanterie. »[49]

Neuville-Vitasse (relevé en 2004) 8B3
2 octobre 1914            
Maurice RENAUDIN (60e bat. chasseurs à pied, 8 Cie) âgé de 30 ans, mort à 17h sur le champ de bataille.
Pierre NARCY (60e bat. chasseurs à pied, 9 Cie) (20e BCP[50] ou 28e BCP, mort  au combat d’Aix-Noulette -8A2)[51] âgé de 30 ans , tué à 9h sur le champ de bataille, marié domicilié Avenue Pierre de Courtenay.
« 30 septembre, à Rambervillers il reçoit ordre d’aller s’embarquer à Nomecy : 10 voitures de réquisitions sont à sa disposition pour le transport des sacs des hommes fatigués. Le bataillon arrive à la gare d’embarquement à 21h30 ; il embarque à 23h, départ du train le 30 à 0h30. Itinéraire : Epinal, Vesoul, Gray, Dijon, Creil, Arras ; débarquement à Arras le 1er octobre à 20heures ; incidents survenus pendant le trajet : 2 hommes sont tombés du train, 2 autres ont manqué le départ à une halte. 1er octobre, Après le débarquement, le bataillon va cantonner à Mercatel à 6 km sud-est d’Arras (…) Vendredi 2 octobre, la division doit attaquer l’ennemi sur le front Monchy le Preux inclus à Hénin sur Cofeuil inclus (sud-est d’Arras) ; le 60e bataillon de chasseurs se porte sur Hénin qui est tenu par le 54e ; à 7h le bataillon arrive à ce village qui est fortement canonné par l’ennemi. 2 Cies du bataillon renforcent les cies de première ligne du 54e, les deux autres en réserve l’une dans le village, l’autre à la sortie nord-est, en mesure de coopérer avec le 61e a une attaque sur le village de Saint-Martin. A 10h, le bataillon reçoit l’ordre de se porter immédiatement et rapidement sur Neuville Vitasse en remplacement du 61e envoyé en mission plus au nord et de s’y établir face à Vaucourt et à Hénin.  Au départ d’Hénin, le bataillon est violemment fusillé par la troupe ennemie de Saint-Martin et perd quelques hommes, il arrive à Neuville en même temps que deux Cies du 25e d’infanterie envoyées de Mercatel pour couvrir le rassemblement de la brigade ; une compagnie du 25e occupe la sortie nord-est de Neuville, deux compagnies du 60e (8e et 9e) [52]occupent les abords de la sortie sud-est (…) »[53]



Doullens (35 km Ouest d’Arras)
9 octobre 1914            
Robert LELIÈVRE (26e Bataillon de chasseurs à pied) (sergent au 1er groupe cycliste de la 1ère division de cavalerie[54]), sergent, mort à 20h du soir de blessures de guerre à la jambe et au pied gauche[55], l’un des fils de M. Lelièvre, architecte, conseiller municipal d’Auxerre, domicilié à Auxerre  6 rue Jules Massot. « M Robert Lelièvre – excellent tireur et cycliste d’endurance- avait pris part avec une grande activité à la première campagne de Belgique. Fait prisonnier, il avait réussi, par osn intrépidité et son sang-froid, à s’échapper des mains des Allemands qui le retenaient. M. Robert Lelièvre avait également été maintes fois au feu pendant la retraite sur Paris ; il avait ensuite pris part à la bataille de la Marne et sa belle conduite lui avait valu d’être promu sergent. Notre compatriote, toujours valeureux, participait à la bataille de l’Aisne quand il fut mortellement touché. Sa fin a été pleine de courage. M. Robert Lelièvre faisait partie de la classe 1913 ; il avait 21 ans. C’était un excellent garçon des plus appréciés dans les milieux sportifs de l’Yonne où il remporta maints succès. » [56]


Foncquevillers  (Pas de Calais)  8 A4
10 octobre 1914          
Marcel Georges GUILLIET (37e R.I., 6e Cie, sergent), âgé de 24 ans, veuf de Lucienne Reignard, fils d’Edme-François et d’Augustine Flix-Saviné.
                                   « 8 octobre Le régiment reçoit l’ordre de maintenir solidement le front qu’il occupe : Hébuterne-Foncquevillers, tout en contribuant à l’attaque qui doit être faite sur Gommecourt à 7h par 2 bataillons 153e et le 69e.  L’attaque progresse difficilement dans la journée. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit, à la faveur d’un bombardement sérieux du bois de Gommécourt qu’elle arrive à quelques centaines de mètres du bois entourant le château. La 11e compagnie et la 3e section de mitrailleuses coupent la gauche de l’attaque. La 7e compagnie opère avec le 69e. Pendant toute la journée, les positions furent soumises à un bombardement violent. Les pertes sont médiocres. Le 9 octobre le regiment reçoit l’ordre de tenir indiscutablement le front organisé, tout en coopérant aux attaques dirigées sur Gommécourt. Les 2 bataillons de territoriaux du 83e et du 84e sont remplacés à 5 heures du matin dans les tranchées aux abords du village par 2 bataillons du 22e territorial. La journée se passe sans incident sauf une canonnade beaucoup plus faible que celle des jours précédents ; Aucune attaque n’est tentée par les Allemands sur le front. Pertes : capitaine Chasles et lieutenant Gueniot blessés.  Le 10 octobre même situation que la veille. Le régiment est renforcé par : 1 officier le S/Lieutenant Moreau, 1 adjudant (…) 2 sergents majors (…), 12 sergents, , 25 caporaux et 70 soldats blessés, territoriaux volontaires, engagés volontaires (…). »[57]

Saint-Laurent-Blangy (8 B3 banlieue est d’Arras)
24 octobre 1914          
Albert CALMUS (probablement du 57e Bataillon de chasseurs alpins, 8e Compagnie), âgé de 26 ans, tué à l’ennemi, né à Perrigny (89).
                                   « 22 octobre, départ à 1 heure du matin pour attaquer Saint-Laurent. La 10e compagnie se place dans les abris au bord du chemin conduisant à Maison Blanche. Les 3 autres Compagnies aux abords du village. 23 octobre, la 10e Compagnie conserve des emplacements. Les 7e, 8e et 9e sont aux barricades. Le sous-lieutenant Weiss est tué en faisant une reconnaissance pour placer sa compagnie aux abords d’une barricade dans le village. Les Allemands font une attaque de nuit sur Maison Blanche et la lisière N. Du village. La 10e compagnie repousse cette attaque en infligeant des pertes très sensibles à l’ennemi ; durant  cet engagement la 10e Cie est obligée de se couvrir sur sa gauche, une Cie du 159e ayant abandonnée ses positions. (…) Calmus, 2e cl, 8e Compagnie, blessé.»[58]

11 novembre 1914     
Alphonse Maximin Charles CHATAIGNER[59] (57e Bataillon de chasseurs à pied, 10E Cie) âgé de 26 ans tué à 21h du soir sur le champ de bataille, époux d’Esther Marie Garnier, domicilié 1 rue des Dames à Auxerre.

                                   « Du 26 octobre au 7 novembre, situation sans changement. Le bataillon cantonne à Saint-Nicolas et assure le service aux tranchées devant Saint-Laurent. 8 novembre : exécution du chasseur Bourgund du 60e bataillon de chasseurs pour avoir abandonné son poste en présence de l’ennemi et déserté à l’intérieur. 8 au 12 novembre : cantonnement à Saint-Nicolas  et service de tranchées devant Saint-Laurent (Champagne disparu). »[60]



Tout au long de l’hiver 14-15, les deux armées épuisées finissent par s’enterrer dans les tranchées. L’hiver se présente rigoureux, boueux. Dans le froid, la neige, plusieurs milliers de victimes tombent lors des assauts continuels sur le plateau d’Ablain et Carency. Les offensives au nord d’Arras en décembre n’y feront rien. Le « calme » s’installe alors pour quelques mois.

Ecuries
25 novembre 1914      
Georges JULIEN (17e bataillon de chasseurs à pied, 57e BCP[61]), âgé de 21 ans, « blessé une première fois à Sarrebourg et cité à l’ordre du jour pour sa brillante conduite, il était reparti sur le feu, sur sa demande, à peine guéri. Il a été tué le 27 novembre d’une balle au front ».[62] Tourneur à l’usine Guilliet,  domicilié chez sa sœur, Mme veuve Bigé, 3 rue du Château Gaillard à Auxerre. « Son beau-frère, M. Camille Perrin, sergent au 4e d’infanterie, a été grièvement blessé le 3 septemnre, à Varennes, et a eu le bras gauche amputé. Il est soigné à Clermont-Ferrand. »

27 novembre 1914      
Joseph LORETZ (17e bat. Ch.),âgé de 26 ans,  caporal le 8 septembre à Audrey, domicilié rue du 14 juillet à Auxerre.
Pierre Emile MICHAUT (sergent fourrier au 57e B.C.A.), âgé de 25 ans, tué à l’ennemi,né le 20 avril 1889 à Sens.
Albert OUDINET (17e BCP), âgé de 27 ans, époux de Régina Demeaux, inhumé le 19 septembre au Cimetière A d’Ecuries, transféré au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette puis à celui de Ablain Saint-Nazaire le 8 août 1923, tombe n° 19 227[63], domicilié 17 rue du Pont à Auxerre. « Il était plâtrier. Sa veuve, employée au chemin de fer, habite rue du Pont, 17. »[64]

Le carnet de campagne du 17e B.C.P. est d’un silence inquiétant dans les jours qui précèdent. « Dimanche 22 novembre Nuit sans incident. La relève des 2 compagnies s’est faite sans incident égal ! et a été reconnue vers 1 heure. Ordres reçus : même mission ; Evènements de la journée : néant ; 10 h arrivée de deux compagnies du 20e Bataillon qui vont relever les deux dernières compagnies du 7; 22 h arrivée des deux dernières compagnies du 20e qui cantonnent à Aix Noulette. Stationnement sans changement. Lundi 23 novembre (…) rien à signaler. Mardi 24 novembre :  Evènements de la nuit : 17e Bataillon rien à signaler, 20e bataillon coups de feu. Tires sur une fraction qui circulait en face le Bois carré. Les Allemands répondent et se dispersent. Ordres reçus : même mission; Evènements de la journée : canonnade sur le front vers 14 heures. Mort du lieutenant Bordachar, tué par un obus ; stationnement.  Mercredi 25 novembre :  évènements de la nuit : rien à signaler ; Ordre reçus : même mission ; Evènements de la journée : une suite d’obus sur Aix Noulette à 14h30, 1 tué, 1 blessé ; Stationnement sans changement. » Les soldats auxerrois du 17e B.C.P. sont dans une compagnie qui a rejoint le 57e B.C.P. Leurs noms figurent dans la liste des « tués » de ce régiment. « 16 novembre : départ du bataillon [d’Ebrun] à 3h pour se rendre aux tranchées de la Cote 84. Le sous/secteur de la cote 84 s’étend de la Maison blanche (route Arras-Béthune)  à 100 m S. de la route La Targette-Ecoivres. 17 novembre service de tranchées. 18 novembre : le bataillon au cantonnement à Ecoivres à 5h du matin. Le S/Lieutenant Delaveau venant du 3e Bataillon de chasseurs(décision ministérielle) est affecté comme adjoint au chef de corps. Du 19 au 26 novembre : Services de tranchées au s/secteur Cote 84.  26 novembre : arrivée d’un renfort venant du dépôt : 250 s/officiers, caporaux et chasseurs, commandé par le Lieutenant Lefèvre. Pertes des combats des 27 et 28 novembre (Ecurie) (…) Julien du 17e tué, Oudiné (disparu), (…) Loretz (disparu). 27 novembre :   à 10h le bataillon reçoit l’ordre de se porter sur Anzin-Saint-Aubin et d’être à 13h à la disposition du Général Quiquandon. Le bataillon parvenu à Anzin se porte sur Ecurie oùil arrive vers 14h15. Repéré par l’artillerie ennemie il subit un feu très intense de pièces de 77 de campagne et d’obusiers ; les pertes sont assez sensibles. Les 7e et 8e Compagnies reçoivent ensuite l’ordre de se porter dans les tranchées au Nord d’Ecurie pour prendre d’assaut une tranchée que les Allemands à la suite de travaux de sapes, avaient réussi à nous enlever. A 13h15, les deux compagnies occupaient leur emplacement ; les 9e et 10e compagnies étaient en réserve à Ecurie. A 13h 30 tir d’efficacité sur la tranchée allemande à l’aide de batterie de 75. A 13h 45 les 7e et 8e Compagnies ayant à leur gauche une compagnie de Zouaves partaient à l’assaut. Les Allemands furent chassés de leurs tranchées dans laquelle le 57e bataillon se maintient près de 3/4 d’heure. Les mines placées dans cette tranchée , ainsi que les bombes et paquets de cheddite lancés par l’ennemi qui avait réussi à réunir par un boyau de communication ignoré, obligent les 7e et 8e Compagnies ainsi que les zouaves à évacuer la tranchée prise. Ce repli se fait sous le feu très vif de mitrailleuses ennemies, les pertes sont nombreuses. (…) Les Allemands pendant la nuit réoccupent leur tranchée une contre-attaque est décidée, elle doit avoir lieu aussitôt le coucher de la lune. Les 9e et 10 Compagnies ainsi que des zouaves doivent prendre part à cette contre-attaque. Echec de la contra attaque. Le 28 novembre  Les compagnies rentrent au cantonnement à Ecoivres. LE capitaine Duboc a pris à titre provisoire, le commandement du 57e bataillon. Obsèques du commandant Verdier le 30 novembre. »[65]

Mont Saint Eloy (Bois de Berthonval) (nord d’Arras)
27 décembre 1914     
Fernand BASSIN (60e BCP, 7e Compagnie, ou réserviste au 20e BCP[66]), âgé de 28 ans, tué à l’ennemi « d’une balle en plein front. Originaire du hameau des Chesnez, commune d’Auxerre, il habitait Paris depuis un an. Il laisse une veuve et deux enfants de quatre ans et six mois. »[67]

« 23 décembre, le 23 à 18h30 le bataillon est relevé par le 54e bataillon et reprend ses cantonnements de 2e ligne à Mont-Saint-Eloy sans incidents. 24 et 25 décembre 1914, le bataillon pour la Noël en cantonnement de 2e ligne à Mont-Saint-Eloi, il reprend à 18h30 sa garde aux tranchées de 1ère ligne au bois de Berthonval même mission. Le secteur du bois est tenu en 1ère ligne du nord au sud par la 10e compagnie à gauche, la 8e au centre, la 9e à droite. Le bataillon continue l’aménagement d’une parallèle située à 150m en moyenne en avant de la tranchée (erendée) et destinée à servir de place d’armes de départ pour une attaque projetée des tranchées allemandes. A 21h, le commandant du 60e bataillon reçoit l’ordre n°2889/S : 1e de la 77 division (26 décembre 19h), prescrivant 1e une attaque qui serait exécutée le 27 à 13h50 par un groupe de chasseurs sous les ordres du Lieutenant colonel Bordeaux, sur les tranchées E.H.I.K. en partant du front : tranchées de 1ère ligne, depuis la lisière Nord-Ouest du bois de Berthonval jusqu’à 600 m au nord ouest du chemin Mont-Saint-Eloy-Souchez. 2e une attaque sur les tranchées C.D. exécutée par les 54e et 60e bataillon, sous les ordres du commandant Mazoyer (du 54e). Front de départ : lisière nord-est de Berthonval. Cette attaque devait être déclanchée par le Général Commandant la division quand l’attaque du Lt Colonel Bordeaux aurait déjà gagnée du terrain.  La nuit du 26 au 27 se passe sans incident. 27 décembre En exécution de l’Ordre d’attaque 2889/S précité, le 6e Bataillon de chasseurs vient dès 11h se superposer à la 10e compagnie du 60e, dans le secteur Nord du bois ; Vers la même heure le commandant Mazoyer et son 54e bataillon atteignent le bois. Le commandant Mazoyer décide que l’attaque des tranchées C et D sera menée par 2 compagnies (1 du 54e, 1 du 60e) et renforcée au besoin par 2 autres compagnies (1 du 54e, 1 du 60e) tandis que 2 compagnies du 60e continueront à tenir les tranchées de la lisière Est du bois et que 2 compagnies du 54e seront conservées à sa disposition ; (…) En conséquence, les compagnies du 60e sont alors reportées de la manière suivante : (…) à 13h50 l’attaque du Lt Cel Bordeaux se déclanche et progresse rapidement, au début , tout au moins dans la partie nord. (…) Après un réglage qui dure jusqu’à 15h15 , l’artillerie Divisionnaire prépare cette attaque par des rafales extrêmement violentes dirigées sur C et D de 15h20 à 15h24. à 15h25, les compagnies de 1ère ligne, superbement entraînées par le capitaine Didier du 54e bataillon, quittent la parallèle de départ dans un fort bel ensemble, en engageant 3 sections.  Ces compagnies, (…) avaient pour mission d’attaquer, sur le plus large front possible, de part et d’autre de la ligne jalonnée par leur point de contact dans la parallèle et le petit arbre à mi-chemin entre la ligne de buissons C et le groupe de 4 arbres D.
La 7e Compagnie du 60e a pu faire, dans son ensemble, un bond d’une trentaine de mètres, après quoi elle a été arrêtée net par un feu de mousquetterie extrêmement violent, parti des tranchées ennemies restées jusque là parfaitement silencieuses. Au bout d’une demi-heure de combat, le sous lieutenant Riou, quoique blessé au poignet droit dès le début parvenait à franchir, avec un groupe d’une huitaine d’hommes la distance maxima de 150m qu’il n’a pu dépasser. Le reste des 3 sections jonchait le terrain en arrière. L’attaque de la Compagnie du 54e à droite était annulée aussi brutalement et se déroulait d’une façon aussi défavorable. Dans ces conditions, et en raison de la mission de flanquement surtout démonstrative qu’il avait reçue, le capitaine commandant le 60e bataillon jugea inopportun d’alimenter une attaque déjà trop coûteuse. Il rendit compte téléphoniquement au Général de Division qui prescrivit de cesser toute attaque sur C et D . La nuit, qui tomba bientôt, permit aux éléments les plus avancés de se replier dans nos lignes. Les pertes éprouvées par le 60e bataillon se décomposant ainsi : sur trois sections engagées (1 officier et 84 chasseurs) , 14 tués (…), 18 blessés évacués, 4 blessés non évacués, Fernand Bassin, 2 cl., 7e compagnie, Tué .»[68]

       
    Les poilus dans les tranchées : c’est du Pas-de-Calais qu’on découvre ce que peut bien être le quotidien de nos soldats acculés à s’installer durablement dans les tranchées et à survivre en tant que « poilu ».


« Un jeune conducteur d’automobile adresse à son ancien patron – M. H. Rochet, d’Auxerre- une lettre qui montre que la vie du soldat en campagne comporte des moments tout à fait supportables :
C… (Pas-de-Calais), 2 novembre.
Depuis une quinzaine, nous sommes au repos. Nous allons occuper chaque jour la même position, sans y rien faire et, le soir, nous rentrons au cantonnement. Pendant la journée, nous nous livrons par distraction, à toutes sortes de travaux champêtres. Les uns creusent de véritables cités souterraines, avec tout le confort voulu, les autres fabriquent des paniers de toutes formes, d’autres encore font des balais de bouleau, que l’on rapporte le soir au cantonnement et qui sont distribués aux braves gens du village.
Je voudrais que vous voyiez l’endroit d’où je vous écris ; c’est vraiment pittoresque. Imaginez-vous un grand trou rectangulaire, de deux mètres de profondeur. Sur les côtés, de gros rondins d’arbres coupés et couchés les uns sur les autres forment cadre. Un coin est ménagé pour l’entrée de cette superbe chambre : un escalier de dix marches. Au fond, et face à cette porte, une superbe cheminée, fabriquée avec des douilles de charge de 75. Cette cheminée, qui se chauffe au bois, ronfle comme une toupie. De plus comme meubles, nous avons une superbe table en chêne, rustique et solide, et des bancs dans le même style. Quant à la toiture, elle repose sur le cadre d’arbres que j’ai déjà mentionné. Elle est formée de troncs d’arbres formant plafond et couverts de trente centimètres de terre. Cette couverture est inclinée de façon à faciliter l’écoulement des eaux de pluie.
Balles et schrapnells peuvent pleuvoir toute la journée : ils ne sauraient interrompre nos parties de manille, qui se succèdent sans interruption pendant que le café chauffe devant notre bonne cheminée. Vous ne pouvez vous imaginer la chaleur qu’il fait dans notre appartement. Cela va me faire regret, lorsqu’il va falloir partir. C’est une position ignorée de tous les « boches », et il faudrait avoir de bons yeux pour deviner une batterie à cet endroit.
Nous somme"s au milieu des bois, et les quelques feuilles qui restent aux branches nous garantissent des regards scrutateurs des « Tauben ».
Nous avons un vrai physique de sauvage. Mal rasés, de longs cheveux, la peau halée. Bien souvent, je pense au père Leleu, qui vivait dans sa grotte au milieu de ses chiens. Cette vie qui, à cette époque, ne me souriait guère, il me semble maintenant que je l’ai toujours vécue. » [Le Bourguignon, 12 novembre 1914]

Dans la même période, Albret Croiziard, brancardier se trouve dans la banlieue de Arras, à Dainville.
croquis, carnet de campagne d'Albert Croiziard, coll. P. Persennot, Saint-Bris-le-Vineux.
Lettre du brancardier Albert Croiziard, (vers Arras),  du 8 décembre 1914

"Ma chérie

Je viens de recevoir le papier et les cartes. Elle faisait plus du poids aussi il faudra se méfier du reste. J’en aurais assez pour le moment et à l’avenir tu mettras simplement une feuille et une enveloppe dans chacune de tes lettres si j’en avais besoin je te le demanderais. Je n’ai pas encore reçu le paquet que tu m’annonce ce sera probablement pour demain. As-tu bien fait attention à ce que je t’avais dit qu’il ne pèse pas plus d’un kilo, et surtout le recommender. J’ai pris un croquis hier à la corvée, c’est l’église et ce qui reste de la mairie. Si j’ai le temps j’en reprendrai d’autres. Nous arrivons d’excursion et je t’écris en recevant ta lettre c’est à dire à 8 heures du soir. Nous sommes partis à 2 h de l’après-midi (nous devions faire une attaque) avec les brouettes brancards dont je ne te ferai pas la description. Albert te l‘a faite. Nous avons eu la pluie tout le temps sur le dos et patauger dans une boue de 10 cm d’épaisseur. Nous nous venons coucher à l’abri pour ce soir aussi je plains ceux qui sont aux tranchées par ce temps. Je ne sais si l’attaque a réussi mais nos canons ont fait rage pendant deux heures nous nous trouvions à deux ou trois cents mètres d’une batterie de 120 long c’était à se boucher les oreilles. Les boches n’ont pas ripostés. J’apprends par ta lettre la mort de Guimiot. C’est bien malheureux a cette âge et surtout pour un père de famille. Il devait se frapper beaucoup il devait cependant être comme moi pas trop malheureux il y en a de pir. Quant à moi tu penses bien que j’aimerais mieux être auprès de vous mais j’en prends patiemment mon parti et tu peux te tranquilliser cette maladie ne me prendra pas, ce doit probablement être une méningitte qu’il a eu.
            Parmi nous, il y en a eu également plusieurs d’évacués dans les hôpitaux quant à moi à part les piqûres contre la tiphoïde et huit jours de diarrée je me suis toujours bien porté pas encore le moindre rhume et c’est à croire que j’ai perdu mes amygdales aussi je n’ai qu’à m’en féliciter, et tu n’as aucune inquiétude à avoir à mon sujet. De ton côté je suppose que la grippe est complètement passée. Surtout soigne toi bien, et quelques bouteilles de vin vieux rouge ne te feront certainement pas mal. Quant à de l’argent je n’en ai nullement besoin, j’ai encore sur moi 50 f 50 c et je ne dépense pour ainsi dire pas pour la bonne raison qu’on ne trouve rien à acheter et puis il ne nous manque rien, nous touchons 1 demi-litre de vin qui est ma foi très bon par jour et cela est suffisant ? la seule dépense est 1 sou de lait tous les matins que je réussi à me procurer car c’est très rare et nous nous faisons soit le café ou le chocolat tous les matins en nous levant accompagné de 3 ou 4 tartines grillées. Aussi on attends très bien la soupe de 10h 1/2 avec un calage pareil. Tu pourrais dire à mon père qu’il ne se retardes pas pour tailler car probablement j’aurai du mal à être rentré pour les taillages. Mais quand le moment sera arrivé peut-être que Germain, pourrait lui aider. Tu pourrais également demander Tubord quelques journées s’il n’était pas parti à cette époque, car tu sais qu’il lui reste un petit compte, je t’avais dit de le prendre dans ces conditions pour les battages l’as tu fait. Bien le bonjour à tous les amis naf, Louis,Aramis, ta mère et mon père, quant à vous mes chéries recevez les plus tendres baisers de celui qui vous aime de tout son cœur.
Albert"


 La bataille des Flandres  (mi-octobre-mi-novembre 1914)

Wancourt (Pas de Calais)
2 octobre 1914            
Henri Paul DREVET ( capitaine au 97e R.I.) âgé de 43 ans, tué à l’ennemi, né à Auxerre le 26 juillet 1871.
« 30 septembre Débarquement à Arras à 23h. Arrivée d’un détachement de renfort du dépôt, composé de : 600 hommes de troupe, un capitaine rejoignant le corps après maladie, capitaine Delmas, 16 sous-officiers de réserve. 1er octobre La journée est passée à Saint-Laurent-Blangy où les troupes procèdent à des travaux de propreté. En exécution des ordres N° 315 et N° 165A de la 77e Division et la 88e Brigade. Les 2e et 3e bataillons moins la compagnie du capitaine Bré (7e Cie) du 2e bataillon laissée à Arras à la disposition de la division, ont quitté leurs cantonnements de Saint-Laurent de Blangy à 16h prenant la route de Blangy à Filloy les Mofflaines. Buit du 1er octobre au 2 octobre : au croisement de cette route et de celle de Montreuil à Mézières le détachement a dû faire une halte de 30 minutes pour laisser passer le 159e Régiment d’Infanterie et un groupe d’artillerie s’en allant vers Monchy l’autre rentrant à Saint-Sauveur. Le passage une fois libre le détachement s’est engagé sur la route de Tilloy à Wancourt laissant à Tilloy la 10e Compagnie commandée par le Lieutenant Humbert comme soutien d’artillerie. A hauteur du chemin de terre allant de Fenchy à Neuville-Vitasse, les 2 bataillons ont dû se garer pour laisser passer une brigade de cavalerie revenant de l’Est par Wancourt.  Vers 19h à la nuit tombante le détachement qui était engagé sur la route Tilloy-Wancourt, a croisé à 1 kil. Environ en avant de Wancourt un régiment de dragons qui sortait du village. Le colonel le commandant s’était arrêté et donnait au chef de bataillon commandant le 97e Régiment  d’infanterie les renseignements suivants : « Deux de mes escadrons occupent le village avec un détachement de cyclistes. » Lorsque le village de Wancourt s’embrasa soudainement tandis que le détachement de chasseurs cyclistes l’abandonnait précipitamment en dépassant le rassemblement formé par l’avant garde du 97e et le régiment de Dragons. Celui-ci ayant dégagé le terrain le chef de bataillon commandant le 97e donnait l’ordre au chef de bataillon commandant le 2e bataillon du 97e d’essayer de pénétrer dans Wancourt par l’entrée ouest et par la crête d’Héninel. Les deux compagnies chargées de cette opération se heurtèrent à des barricades et des mitrailleuses déjà en positions et ne purent progresser. Une nouvelle tentative dans la direction de Marlière n’eut pas plus de résultat. (Marlière se trouve entre Wancourt et Guémappe. Le chef de bataillon, commandant le 97e porta alors 6 compagnies sur la crête dominant Wancourt au nord et les forma en deux lignes ; le 3e bataillon placé en arrière et établissant une ligne de tranchées. Compte rendu de la situation ayant été fait à la 88e Brigade, le chef de bataillon , commandant le 97e reçut succéssivement les ordres 167A et 167A. Les tentatives qu’il avait faites pendant la nuit pour se relier avec les éléments voisins n’avaient donné que des résultats contradictoires ; (…) 2 octobre Wancourt, vers 4h55 le commandant du 3e bataillon renforcé d’une compagnie du 3e reprend son attaque sur Wancourt par la crête d’Héninel et les issues Ouest et Nord. Les premières sections de chacune des 4 Cies d’attaque se portent en avant à la baïonnette se heurtent presque aussitôt à des haies garnies de fil de fer pendant la nuit. Tous ces mouvements se faisaient dans un brouillard intense. A ce moment une violente contre-attaque se dessine contre la Cie de gauche dont les 3 sections arrière étaient ligne de colonne par quatre placées en échelons. Ces trois sections, surprises par l’ennemi qui sortait du brouillard à quelques mètres d’elles, échappent à la direction de leur chef et rampent vers la droite entraînant les autres sections de la colonne d’attaque dans la direction du chemin de Tilloy-Wancourt et même au delà. L’attaque ennemi se précisant alors et se développant sur sa droite, arriva à battre de dos les tranchées dans lesquelles se tenaient les 2 compagnies du 3e bataillon qui dûrent les évacuer. Beaucoup d’officiers avaient été blessés dès le commencement de l’attaque et les fractions des diverses Cies s’étant mélangées le chef de bataillon , commandant le régiment pu, avec l’aide des officiers restés indemnes, rassembler la valeur d’environ 3 Cies le long du talus de la route Wancourt-Tilloy qui est en déblai et une mitrailleuse  put être installée contre ce talus et la poussée ennemie fut ainsi arrêtée. Une ligne de tirailleur commençait à s’organiser perpendiculairement à la route, entre celle-ci et la croupe d’Héninel lorsque la Compagnie du Capitaine Drevet qui devait prononcer son attaque par cette croupe fut elle-même refoulée ayant perdu son chef et ses officiers. Le chef de Bataillon, commandant le régiment aidé du chef de bataillon, commandant le 2e bataillon et de quelques autres officiers essayent alors de former une seconde ligne en arrière lorsque le chef de bataillon, commandant le régiment fut légèrement blessé alors que le chef du 2e bataillon était tué. Les officiers restés autour d’eux doivent alors se replier jusqu’au chemin de Tiffoy ou une Cie du génie organisait une tranchée. Les hommes qu’ils ramenèrent y furent installés par le capitaine adjoint et l’officier payeur à qui le chef de bataillon, commandant le régiment passa alors le commandement. (…) Il était alors 13h (…) »[69]

   YPRES

Après avoir évacué Anvers (7 octobre), le roi Albert Ier ordonne à l’armée belge de s’installer sur la ligne Nieuport-Furne-Dixmude (12 octobre). L’offensive franco-britannique dite de « la Lys » entre Lille et Courtrai du 13 octobre est un échec. Quelques jours après, les Allemands réagissent par une contre-offensive sur l’Yser difficile à contenir. Du 23 au 26 octobre Foch tente obstinément chaque jour une offensive sans aboutir. Les pertes sont énormes, Foch est imperturbable et poursuit sans attendre des renforts. Enfin, l’ennemi s’engage dans une nouvelle offensive sur Ypres qu’il pense prenable : l’empereur en personne est présent pour assister à la victoire qui doit être décisive, (2 et 3 novembre). À partir du 12 novembre, d’un côté comme de l’autre on commence à s’enterrer. La guerre de mouvement laisse place à la guerre de position. Le 12 décembre est lancée à 7h45 l’ultime offensive française (Gl Humbert et la 42e D.I.), Foch et Joffre sont obligés de se résilier aux nouvelles exigences. Depuis le début de la guerre, ne vient-on pas de perdre 500 000 hommes !

è Carte des Flandres Le Bourguignon 26 décembre 1914
coll. musée de Joigny

• chercher à quelle division appartient le 37e R.I. sur internet et reprendre 14&18 n° 24 pour le contexte…

Luyghem
9 novembre 1914        
Gaston PRIMARD (1er R. de Zouaves), personne tatouée d’une feuille de vigne et d’une grappe de raisin au bras gauche, une pensée à trois branches tenue par une main à l’avant bras gauche, une étoile à ( branches sur l’avant bras gauche, une marguerite tenue par une main sur l’avant bras droit, et une tête d’homme et un oiseau sur l’avant bras droit,  évacué en tant que blessé, « plaie à la tête par éclat d’obus »[70], domicilié 5 rue Saint-Pélérin à Auxerre.
                                   « 8 novembre Journée de réorganisation et de mise en position des éléments. Reconstitution des lignes. Secteur nord : (…)1er Zouaves(…) Journée du 9 novembre Ordre d’attaquer sur le même front  (…) I secteur du Nord : attaque sur Luyghem par 5 compagnies du 1er R. Zouaves, objectif : Luyghem (…) l’attaque a frappé 300m en avant, 1 Cie à droite de la route 100 à 150m Les 2 Cies de gauche sont arrêtées dès leur sortie de la ligne de tranchées. Elles occupent de nouvelles tranchées au prix de très grosses pertes, attaques sur les Allemands et (lrmoier) à un feu violent d’artillerie, elles sont obligées de se replier dans l’(arrière) sur leurs positions du début. »[71]

Stadenberg / Vieille chapelle (Belgique)
20 octobre 1914          
Léon Paul Basilide Marie GUILLOU  (lieutenant 60° bataillon de chasseurs à pied, 8e Cie, sous-lieutenant au 20E BCP[72]), âgé de 24 ans, tué à l’ennemi, marié et domicilié 2 rue du Capitaine Coignet.
                                   « 19 octobre, (…) à la nuit le bataillon cantonne dans les fermes sur la route d’Ypres à 1500 m sud de Wesbroosebeck, nuit sans incident ; 20 octobre Le bataillon reçoit à 3 heures l’ordre d’aller occuper le hameau de Vijfvege(…) face à Staden, tandis que le bataillon du 41e doit occuper la position de Stadenberg. A 6h, en arrivant à Vijfvege et apprenant que le bataillon du 41 n’était pas arrivé à Stavenberg et que d’autre part cette position était fortement attquée par l’ennemi, le bataillon se porte à Stadenberg, exécute une contre attaque qui rejette l’ennemi dans la direction de Staden. Vers 8h30 l’ennemi ayant fait des progrès sur l’aile droite du détachement, le bataillon reçoit l’ordre de se retirer progressivement dans la direction de Vijfvege au nord ouest de la voie ferrée pour interdire à l’ennemi l’entrée de la forêt ; le bataillon s’établit sur la route Vijfvege-Honthulst. (…) Le commandant du 60 reçoit l’ordre de se replier dans la direction de Langemarck puis sur Bischoote (…) pertes dans le combat de Stadenberg 4 tués dont Lt Guillou, 25 blessés, 5 disparus.»[73]

Bischoote
2 novembre 1914       
Gaston  Emilien LUZEAU (caporal au 60e B.C.P.), âgé de 29 ans, tué à l’ennemi, né le 29 novembre 1885.
                                   « 1er novembre 1914,  Le bataillon reçoit l’ordre d’exécuter une reconnaissance offensive dans le secteur route de Dixmude, Bischoote ; il est remplacé dans les tranchées par le groupe cycliste de Tarlet et l’escadron de Novion, escadron cycliste.  A 14heures 30 le mouvement du bataillon est préparé par un feu violent d’artillerie, puis le bataillon progresse en avant en deux colonnes. Colonne de droite, 7e et 8e  dans Bischoote, colonne de gauche 9e Cie par les abords route de Dixmude. La colonne de droite enlève le village de Bischoote et ne pouvant débouché, le met en état de défense ; à 16h30 le feu de l’artillerie ennemi devient tellement violent que la compagnie est obligée d’abandonner le village et de se reformer dans les tranchées en arrière, l’ennemi ne la poursuit pas. La colonne de gauche, 9e Cie progresse jusqu’à 200 mètres des tranchées allemandes, mais elle est arrêtée par des feux de flanc de l’artillerie qui lui font subir des pertes assez sensibles. A la tombée de la nuite, cette compagnie se retire au carrefour ramenant tous ses blessés. Le bataillon va cantonner à Zuydschote. Pertes : 10 tués, 18 blessés et 10 blessés soignés au corps. 2 novembre 1914 L’offensive étant reprise sur tout le front, le bataillon en 1ère ligne, renforcé du groupe cycliste (29e) et de 4 escadrons à pied, est chargé de l’attaque dans le secteur, route de Dixmude, Bischoote. Pour cette attaque, le bataillon forme 2 colonnes, colonne de droite cyclistes et 2 escadrons à pied armées du fusil Lebel. Objectif : crête au nord de Bischoote. Colonne de gauche le 6Oe bataillon de chasseurs, 21e chasseurs (cavaliers à pied) armée de carabine. Objectif : les crêtes au nord du carrefour de Bischoote de la route de Dixmude incluse à la route de Bischoote excluse. La progression est très lente en raison du retard des attaques des ailes (…) Pour la nuit la colonne de droite se retire en arrière de Bischoote dans les tranchées. La colonne de gauche qui s’est retranchée couche sur ses positions . Pertes 3 tués, 10 blessés, 5 blessés soignés au corps, 1 disparu. (…) Luzeau, caporal tué (…). »[74]

13/16 novembre 1914 
Jean REINHARD[75] (28e Cie 37e R.I.), âgé de 25 ans, tombé au champ d’honneur, marié et domicilié 28 rue du Temple à Auxerre. Mais d’après le SHD, il serait mort à Boeringhe, le 25 décembre 1914. « Mme Reinhard (…) vient d’être avisée de la mort de son mari, (…)Dès le début de la mobilisation allemande, M. Reinhard, d’origine alsacienne, au risque de sa vie, avait franchi la frontière, rampant la nuit et le jour, se cachant dans les bois. Il avait enfin réussi à s’engager dans l’armée française. Dans les lettres qu’il adressait au patron de sa femme, il affirmait chaque fois sa décision de faire son devoir jusqu’au bout ; en bon Alsacien, il a su agir. Avant la guerre, le défunt était employé dans une maison d’allimentation à Hocfelden, près de Strasbourg. »[76]

22 novembre 1914       
Georges BERDIN (37e R.I.), âgé de 20 ans,
Marcel BONNARDEL (37e R.I.), âgé de 20 ans, domicilié 7 rue Paul Bert à Auxerre.
Maurice ROCHÉ (37e R.I.), âgé de 23 ans,  « décédé antérieurement au 4 septembre 1916 d’après les renseignements officieux de la Croix Rouge française »[77], domicilié chez Mr ROULINAT, frère de sa mère Marie Roulinat , 6 rue d’Ardillère à Auxerre.

27 novembre 1914      
Henri LAPETITE (37e R.I.), âgé de 23 ans , ses parents, Jean Philibert Victorien et Louise Elise Trouchon, étaient  domiciliés rue Haute Perrière à Auxerre. C’est leur deuxième fils qui est sacrifié, Hypollite puîné étant mort le 22 septembre précédent à Creute.
                                  
                                   « 10 novembre (…)à 15h il reçoit l’ordre de se porter par Brielen, Elverdinghe, Zuydschoote où il devait s’établir au sud de ce village en réserve de groupes d’armées avec les 2 groupes A.C./20. (…) 11 novembre (…) Le 37e (2e bataillon) franchira le canal de l’Yser à 6h par le pont du chemin de fer et le pont de la route sur le canal. Il prendra comme objectifs successifs : Het-Sas, le grand bois triangulaire au Nord d’Het-Sas, Bischoote. (…) Le 1er bataillon prendra comme objectif le bois triangulaire et Bischoote. Le 2e bataillon attaquera entre le canal et le chemin Pilkem-Bischoote. (…) La progression s’effectue comme il est prescrit, mais les 2 bataillons de 1ère ligne sont arrêtés : le 1er à la lisière S du bois triangulaire, le 2e devant Het-Sas. (…) 12 novembre la mission de la 22 brigade mixte est de rétablir le front Langemarck-Kortecker-Steenstraate. Le 37e doit continuer à progresser dans la direction générale de Bischoote  dans le secteur compris entre le canal et la route Bischoote-Pilkem exclue. (…)Dans la journée du 12, la progression continue. Le 2e bataillon s’empare de l’écluse d’Het-Sas. LE 1er bataillon établit son P.C. à la ferme « Ma Campagne », mais ne peut dépasser ce point. Le 13 novembre La mission de la Brigade est la même que la veille ainsi que celle du régiment. (…) La progression s’effectua comme il était prévu et l’objectif du régiment fut atteint sensiblement le 13 au soir. L’organisation fut commencée dans la nuit du 13 au 14. 14 novembre, au point du jour, les Allemands déclenchèrent une contre-attaque vigoureuse débouchant de Bischoote qui rejeta le 1er bataillon dans le bois. (…) à la fin de la journée le 1er bataillon est fortement attaqué et est rejeté jusqu’à la lisière S ; du bois triangulaire où il se maintient ; 15 novembre à 4h, le régiment reçoit l’ordre de reprendre le bois triangulaire avec le concours du peloton cycliste et de 2 Cies du 26E. (…) La progression reprend dans le bois. Elle est facilitée par l’entrée en ligne du 3e bataillon (Commandant de Hautecloque) qui est engagé entre le 2e et le 1er bataillon mais elle est vite arrêtée. (…) C’est à la 12e Cie (capitaine de la Roque) que revient l’honneur d’avoir enlevé le groupe de maisons à l’ouest du bois.  (…) 16 novembre,  au point du jour, un bombardement ennemi extrêmement violent est dirigé sur le bois triangulaire et les tranchées en arrière. Il dure jusqu’à 10h et l’attaque allemande lui succède. La ligne formée par les 1er, 3r bataillons et les Zouaves fléchit. La situation devient grave. Les dernières unités réservées de Zouaves et du 37e sont engagées dans la direction de « Ma Campagne » vers 14h30. La progression reprend. (…) le 37e devait être relevé dans la nuit du 16 au 17 par une briagde marocaine pour se rendre en cantonnement de repos à Woesten. Pertes du 10 au 17 novembre, (…) troupes : 107 tués, 282 blessés, 228 disparus. (…) Le 20 novembre Le 20 au soir, le 37e relève le 69e dans les tranchées de 1ère ligne, en réserve de sous secteur. (…) 21-22-23-24-25-26  sans changement Le commandant Javelier fut blessé le 22 novembre pendant un bombardement de son P.C.. C’est le capitaine de la Roque qui prit le commandement du 1er bataillon.  26 novembre  Dans l’près-midi à partir de 15h, les Allemands bombardent violemment le secteur du 2e bataillon en particulier la gauche où se trouvait, sur la route de Bischoote à Langhermarck, une petite maison dans laquelle s’était installée une section de mitrailleuses. A la suite de ce bombardement, les Allemands lancèrent une attaque qui s’empara de la maison ci-dessus et fit reculer la 8e Cie dont le front s’étendait à droite et à gauche de la route. (…) le mouvement de replu fut arrêté à hauteur de la maison de Forge. LA profondeur du terrain perdu fut d’environ 100m et toutes les tentatives pour le reprendre furent inutiles. 27 novembre Le commandant du 2e bataillon résista courageusement avec une portion de son bataillon dans la Forge. La 12e Cie avait d’abord été mise à la disposition du capitaine de la 8e pour reprendre la maison perdue la veille. Elle attaqua à 4h du matin et échoua. Le S /Lt Meubrel commandant la Cie fut tué. La 10e Cie sous les ordres du Capitaine Chasles fut chargée de faire un mouvement le long du ruisseau pour prendre les occupants de la maison perdue la veille par leur droite. Ce mouvement  ne réussit pas. Une dernière tentative de la 9e pour la reprendre de front ne réussit pas davantage. Les pertes pendant ce combat furent les suivantes (…) troupes, 26 tués, 63 blessés, 122 disparus. Le régiment fut relevé dans la nuit du 27 au 28 novembre par le 26e[78]


coll. musée de Joigny

Langemark               

4 février 1915             

Paul DEBRAND (146e R.I. 6e Cie), âgé de 23 ans réformé  temporairement pour insuffisance de développement , maladie antérieure à l’incorporation (1912), rappelé à l’activité en 1913, réformé à nouveau pour bronchite chronique, il est pris « bon pour le service armé par le Conseil de révision de l’Yonne le 31 octobre 1914. Mis en route le 19 novembre 1914, il meurt quelques semaines plus tard[79]. Conducteur à l’Imprimerie Universelle[80], époux de Yvonne Journeux, père de deux enfants de deux ans et de trois mois, domicilié rue Germain de Charmoy à Auxerre.

                                    «   2 février, ordre d’opération pour la journée du 2, pluie et vent. Le 146e et le bataillon de la Guérivière du 93e territorial relèvent le 153e et le bataillon Burette du93e territorial. (…) La relève doit commencer à 17h30 à Langemark  et à Saint-Julien, mais les vivres sont distribués avant la relève, ce qui la retarde d’environ  3/4 d’heures, les bataillons reprennent leurs emplacements habituels. ( …) bataillon Giatte avec une Cie territoriale en réserve en avant de Langemark. (…) La relève se passa sans incident et se termine à 21 heures 5 ; nuit calme. 3 février (…) pendant la nuit, l’ennemi tire beaucoup. Bruit de vive fusillade dans la direction au sud d’Ypres. Ordre de stationnement pour al soirée au 3. Pertes : 17 évacués. Effectif : 2196. 4 février beau temps clair. Plusieurs avions survolent les lignes. Bombardement assez sérieux sur Langemark. L’artillerie détruit un abri de mitrailleuses devant le bataillon de Langemark. Elle en détruit un autre devant le Bonnet d’Evêque mais la 2e batterie a à 2 heures 30 un coup malheureux qui tombe en plein dans la tranchée de la 6e Compagnie et tue 6 hommes dont un sergent et un caporla et en blesse 3, dont 1 grièvement. »[81]

Saint-Eloy    
10 novembre 1914      
Gabriel GOURET (160e R.I.), âgé de 21 ans, tué à l’ennemi, né le 19 avril 1893, enfant de l’assistance publique de l’Yonne.
                                   « 9 novembre 2h Par ordre du Gal comandant le 16e C.A. le régiment prendra des dispositions pour faire relever avant le jour le bataillon du 80 R et les 2 Cies du 31 Bataillon chasseurs (…) 10 novembre  Jusque vers &0h la situation reste ce qu’elle était la veille ; mais à ce moment devant l’attaque renouvelée des Allemands, la ligne cède à l’endroit même occupé par le bataillon colonial (entre les 2 bataillons du 160e) La 12e Cie (…) est elle-même décimée. La gauche du 1er bataillon se trouve ainsi découverte (…) après une résistance acharnée et un anéantissement presque complet, les débris (…) se relient aux chasseurs à pied (…) et tiennent jusqu’à ce qu’ils reçoivent l’ordre de relève au milieu de la nuit. (…) Pertes : 126 tués, 101 blessés, 773 disparus. »[82]


11 novembre 1914     
Louis Joseph DERULLE (4e B.C.), âgé de 33 ans, disparu, élève de l’Hospice de Joigny né le 2 mars 1881.
                                   « 11 novembre  Aucune modification sensible au cours de la nuit malgré la fusillade et les violentes rafales de l’artillerie ennemie. (…) 4h, ordre reçu (…) Les 2e et 4e Bataillons de chasseurs seront également relevés le && au matin si la situation le permet dirigés sur Voormezeele (…) 6h30 La canonnade redouble d’intensité. (…) 9h L’artillerie ennemie montre beaucoup d’activité. Les Allemands en grand nombre attaquent le front Hollandscheschuur, Bois 40. Ce front résiste d’abord, mais cède au bout de quelques instants entre les bois 40 et 50. Des cris de « en retraite » partent de ce point et on perçoit des groupes des 16e, 19e B.C. et 80e R.I. se repliant précipitamment vers l’arrière. Ce mouvement de repli se prolonge ensuite vers la droite. La 5e Compagnie, établie autour de la ferme Hollandscheschuur ne pouvant parvenir à arrêter ce mouvement de retraite , se porte en repli  (…) en laissant une section pour faire face au mouvement ennemi et l’enrayer le plus longtemps possible. Du côté des 1ère, 3e et 6e compagnies, la situation devient particulièrement difficile par suite du départ des éléments de droite ; (…) Ces unités qui sont au bois 40 résistent toujours sur place mais beaucoup d’hommes sont tombés. Des blessés gagnent la ligne de repli. Du côté ennemi les pertes sont très fortes. Notre artillerie a un tir bien repéré. L’organisation de la ligne de repli se continue sans arrête ; 16h (…) des renforts sont annoncés pour demain (…) tenir à tout prix et assurer coûte que coûte l’inviolabilité du front. (…)  12 novembre Effectif : officiers 11, troupes 681 »[83]

Woesten
10 novembre 1914      
Charles-Henri PRYBILLE (sapeur au 9e R de Génie) âgé de 29 ans, maître ouvrier couvreur,  décédé à 8h du soir des suites de blessures reçues sur le champ de bataille, marié à Marguerite Gigot, domicilié à Auxerre, 10 rue Frédéric Bertrand, pompier de la ville d’auxerre depuis 1910[84].

Grost-Vierstraate
12 novembre 1914      
Alix Ernest GUITARD  (26e R.I.) âgé de 25 ans, tué à l’ennemi, domicilié 31 rue Bourneil Auxerre 

Né le 26 août 1889 à Gy-l’évêque issu de famille d’agriculteurs , il est venu travailler à Auxerre chez Jean Moreau[85] (avenue de la Puisaye), à la fabrication de biscuits, chocolats pain d’épices (dont la spécialité « Bamboula »). La dernière paye des ouvriers, juste avant la guerre, s’est faite en louis d’or.[86] Marié depuis le 1er février 1913 à Marie-Louise Demonte[87], il a une fille le 5 juillet 1914 et habite rue Bourneil, 31.[88]
Alix Guitard, coll. Mme Ladier, petite-fille, Auxerre

Alix est mobilisé à Troyes en début août, seulement quelques semaines après cet heureux événement. Il retrouve là-bas son beau-frère. Il y reste deux mois.
Puis départ, avec son régiment, pour le Nord : il passe par la Somme, en Pas-de-Calais et arrive dans le secteur d’YPRES sur la frontière belge le 9 novembre 1914. Il meurt le 10 novembre[93], tué par une balle en plein cœur. Il a 25 ans. Son camarade de combat (originaire aussi de l’Yonne) l’enterre. Il prévient le maire de Gy-l’Evêque (où vivent toujours ses parents) car il n’a pas le courage d’écrire directement à la veuve.
Lettre du 17 novembre 1914
Adressée au maire de Gy-l’Evêque par le camarade de combat, Georges ALEXANDRE.
« Bischoote

Près de Langemark[94]

Monsieur,

C’est avec une grande tristesse que je viens vous apprendre la mort d’Alix GUITARD, mon camarade de combat en Belgique, à Wyschoth, une balle au cœur. Je vous prierai donc de bien vouloir prévenir ses pauvres parents, et sa malheureuse femme.
J’ai fait le nécessaire pour l’inhumer moi-même. Le service sanitaire fera parvenir son livret et papiers divers, plaque d’identité et l’adresse exacte du lieu.
Date du décès :
10 novembre 1914
Je vous serre cordialement la main.

Georges Alexandre
26e de ligne 6e compagnie.

D’habitude à l’Erable par Ouanne, Yonne. »

coll. Mme Ladier, petite fille, Auxerre

La veuve, Marie-Louise Demonte n’a pu s’empêcher de lui écrire pour connaître la vérité, les derniers instants de son époux. En décembre 1914, le camarade de combat, Georges Alexandre lui répond par une lettre détaillée.

Lettre du 2 décembre 1914.
Georges Alexandre à la veuve Guitard
Adressée à la veuve d’Alix Guitard qui selon toute vraisemblance lui avait demandé des détails sur la mort de son mari.

« Madame,

Je viens de recevoir votre lettre mais pardonnez-moi si je ne vous ai encore pas fait part de la triste nouvelle qui nous frappe. J’ai préféré que d’autres me remplace. J’ai écrit au maire, puis à vos beaux-parents ensuite. Pour des détails, je ne peux pas beaucoup là dessus. C’est d’abord trop cruel pour moi et pour vous ensuite. Epargnez-vous ma chère madame toutes nouvelles tristes.
Nous étions tous les deux depuis le début de la guerre. Nous avons passé les deux mois à Sainte-Savine ensemble et nous partîmes au combat comme deux frères. Nous avons débuté à Fricourt dans la Somme, ensuite dans le Pas-de-Calais, à Mouchy. Nous partîmes ensuite en Belgique, du côté d’Ypres. Nous sommes arrivés le 9 novembre. Le 9 au soir nous sommes allés dans les tranchées, nous étions à la lisière d’un bois, à 40 mètres de l’ennemi. On arrive à 2 heures du matin. Pendant 24 heures nous nous sommes pas arrêtés de tirer. L’ennemi la même chose. C’est le 10 à 2 heures de l’après-midi que votre mari a été atteint. Nous étions dans une tranchée côte à côte. On a blagué tout le temps, fumé, tout en tirant. Pour satisfaire un besoin, Alix sortit de notre trou dans un autre, à 1 mètre à côté. En remontant une balle ennemie l’a atteint au cœur. C’est sans une plainte qu’il a rendu le dernier soupir.
Dix minutes après être parti, voyant qu’il ne revenait pas, je regarde, c’est là que j’ai vu qu’Alix avait été touché à mort. J’ai bien retiré tous ses papiers. Il n’y a qu’une chose que je ne me suis plus rappelé, en cas d’accident : j’ai oublié d’y laisser votre photographie. J’y ai songé trop tard.
Ma chère dame c’est sous une pluie de plusieurs balles que je l’ai mis en terre. Je l’ai enveloppé de sa couverture et bien recouvert. J’ai mis une croix , avec son képi dessus.
C’est tout, ma pauvre dame, ce que je puis vous dire sur la fin de votre pauvre mari. J’ai déposé ses papiers dans les mains de l’aumônier du régiment qui doit vous avoir fait parvenir à présent. J’ai déjà dit à vos beaux-parents qu’Alix attendait des mandats. En effet, depuis, j’ai entendu plusieurs fois son nom. Vous n’avez qu’à vous adresser au commandant du dépôt du 26e à Mâcon que je crois, vous fera parvenir cet argent.
Recevez Madame mes plus sincères et touchantes et touchantes condoléances.

Georges Alexandre, 20e6

Vivement la fin car depuis ce jour je n’existe plus. »  

Plus tard, il déconseillera à la veuve de vouloir faire rapatrier le corps de son mari car le secteur a été tellement pilonné qu’il est impossible de récupérer un corps indentifiable.

Témoignage de Mme Ladier, sa petite-fille[95].
Tué d’une balle en plein cœur. Pris d’une envie pressante, il était sorti pour aller dans la tranchée voisine. A son retour, en sautant dans sa tranchée, il est mortellement touché. Ses compagnons l’enroulent dans sa capote. Il venait juste d’arriver (9  novembre). Son corps n’a pas été ramené car l’endroit de sa sépulture a été pilonné. Son ami, Alexandre de Ouanne, a averti la veuve qu’il était inutile de procéder au rapatriement. Les quelques ossements qu’on aurait pu lui remettre avaient très peu de chance d’être ceux de son époux.


Boesinghe
12 novembre 1914      
Pierre-Emile-René BECARD (37e T.I. Territorial, lieutenant), âgé de 30 ans[96], mort au lieu dit « Ma campagne » près de Boesinghe. « chef de compatbilité de la succursale de la Banque de France d’Auxerre, lieutenant de réserve… »[97]

13 novembre 1914      
Gabriel REMER (37e R.I. capitaine de réserve) âgé de 25 ans, tué à l’ennemi à 9h du matin à « Ma campagne »,  devant Bischoote[98] domicilié à Auxerre, passage Bonniface.
                                   « 13 novembre la mission de la Brigade est la même que la veille ainsi que celle du Régiment. Les ordres du colonel sont les suivants ; le 1er bataillon continuera à progresser dans la direction de Bischoote en liaison avec le 1er bataillon à gauche et le 26e à droite. 14 novembre au point du jour, les Allemands déclenchèrent une contre-attaque vigoureuse débouchant de Bischoote qui rejète le 1er bataillon dans le bois. »[99]
                                   « Mme Remer, cuisinière, passage Bonifacier, à Auxerre, vient d’être avisée [décembre] de la mort de son fils (…) deux autres fils de Mme Remer sont sur le front ».[100]
30 novembre 1914      
Victor HENGEBAERT (2e R. de zouaves, 3e bataillon), mort des suites de blessures de guerre, nomade[101] dont la famille domiciliée route de Vallan à Auxerre.

Streenstraate
18 décembre 1914      
Georges JOVÉ (7e division de cavalerie, 7e groupe de cyclistes, du 131e R.I.[102] caporal) âgé de 21 ans, mort à 7h du matin  de blessures de guerre. Le défunt ouvrier cordonnier, travaillait avec son père[103],  domicilié 17 rue Saint-Germain à Auxerre.

Poperinghe
20 février 1915           
Paul Louis Eugène SAUVALLE (capitaine (TD) active au 49e R. d’artillerie), âgé de 37 ans, mort à l’hôpital temporaire des suites de blessures de guerre, né le 20 mai 1877 à Auxerre.



Zellebeke
1 janvier 1915             
Léon JEAN (4e bataillon de chasseurs à pied), âgé de 21 ans,  tombé au champ d’honneur au combat de Givertelin, domicilié chemin des Mignottes à Auxerre. « tué d’une balle au front. Le défunt, dont les parents sont jardiniers à Auxerre, rue Saint-Martin-lès-Saint-Marien, 13 travaillait à l’usine Guilliet. Il faisait partie de l’équipe de cross-country du Patronage Paul Bert. M. Jean était de la classe 1914. Dans une lettre qu’il adressait aux parents, son capitaine s’exprime ainsi : ‘Votre fils jouissait de la plus grande estime de ses camarades t de la confiance de ses chefs. On en parlait toujours comme d’un excellent chasseur et sa mort a été pour tous une perte cruelle. »[104]
 « 30 décembre même situation. Pendant cette période des tra »vaux sont exécutés pour l’organisation défensive du secteur. L’activité de l’ennemi n’est manifestée que par la fusillade en particulier la nuit. Le tir de l’artillerie ennemie est dirigé principalement sur les tranchées et les habitations. (3 tués le 1e janvier). »[105]


FURNES[106]


coll. musée de Joigny

20 décembre 1914      
Louis Octave Aristide PERRON  (29e Dragons, groupe à pied n°5) âgé de 21 ans , mort à 9h du matin des suites de blessures de guerre. « Le défunt est le fils de M. Perron, domestique chez M. Boutilliers, de Paris, qui possède une maison rue Hippolyte Ribière, 13 à Auxerre. »[107] célibataire, domicilié chez M. Jules Lothain 13 rue Hippolyte Ribière à Auxerre.
                                   « 14 décembre, le régiment part à 13h30 pour Wormhoudt, Wylder et West Cappel où il arrive à 17h et cantonne. 15 décembre : le régiment part à 6h et suivant l’itinéraire Rexpolde, Killem, Hondschoote, Houthem, Bulscamp, Furnes, il arrive à 10h30 à Coxyde où il se forme en rassemblement articulé dans les dunes pour servir de réserve générale à une attaque qui s’exécute à l’Est de Nieuport. à 17h30, le régiment cantonne à Coxyde et environs. 16 décembre : une division belge étant mise à la disposition du Général de Mitry pour servir de réserve générale, le régiment reçoit l’ordre de laisser un demi régiment (2ème 1/2 régiment sous les ordres du Commandant Flatters) à la disposition du général de Mitry et de rentrer à Zermezeele (Etat major et 1ère 1/2 du régiment). Départ à 12h30 et par l’itinéraire inverse suivi pour aller à Coxyde, retour à Zermezeele à 18h30. Le 2ème 1/2 régiment reste au cantonnement à Moeres et environs. »[108]

            

Haisnes/Hénu (Pas-de-Calais) 11/21[109] octobre 1914            
Gaston TARTERET ( 353e R.I. adjudant ou 155e R.I.[110]) âgé de 33 ans, tué à l’ennemi époux de Marguerite Senn, domicilié 39 rue Paul Armandot.

            

            





[1] Elie-Louis-Marie-Marc-Antoine DEBIDOUR, Né à Nontron le 31 janvier 1847
Agrégé d’histoire, Docteur ès-lettres, Professeur à la faculté des lettres de Nancy en 1878
Inspecteur général de l’Instruction publique depuis 1890
Auteur de Histoire diplomatique de l’Europe depuis le congrès de Berlin jusqu’à nos jours, Première Partie, La Paix armée (1878-1904), Seconde partie, Vers la Grande Guerre (1904-1916) Paris, librairie Félix Alcan. arrière-grand-père de Madeleine Canavesio, élève de 3ème collège Denfert-Rochereau, année 2009-2010, documents familiaux
[2] Louis DEBIDOUR, lieutenant au 102e R.I., tombé le 25 septembre 1915 à Auberive-sur-Suippes (Marne)
[3] Je n’ai pas vérifié toutes les fiches du SGA. Le seul icaunais homonyme est mort le 1er janvier 1915 à la haute-Chevauchée (Meuse), et était du 89e R.I., 5 Cie. 
[4] Le Bourguignon  5 janvier 1915
[5] JMO 263e R.I. site SGA / cote 26 N 731/12
[6] Le Bourguignon 5 novembre 1914
[7] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/1
[8] Le Bourguignon 2 janvier 1915
[9] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/1
[10] Le Bourguignon  28 avril 1915, « nous avons donné la description de la Croix de guerre. Le ruban qui l’accompagne est celui de la médaille de Sainte-Hélène. L’étoile de bronze sur le ruban indique une citation à l’ordre du régiment ou de la brigade, l’étoile d’argent une citation à l’rodre de la division, l’étoile de vermeil une citation à l’ordre du corps d’armée. La palme … »
[11] Registres de matricules Arch. Départ. de l’Yonne.
[12] Arch. Départ. de l’Yonne 2 R 245 è photo mère Servet dans dossier « cérémonie Vauban 1916-1922 »
[13] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/1
[14] JMO 5e BC.A. site SGA / cote 26 N 817/6
[15] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/1
[16] Le Bourguignon 28 janvier 1915
[17] Le Bourguignon  30 décembre 1914
[18] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/2
[19] Le Bourguignon 16 janvier 1915
[20] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/2
[21] JMO 204e R.I. site SGA / cote 26 N 712/2
[22] il existe un plan détaillé des tranchées et de leurs boyaux d’accès.
[23] 4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre. Cliché 2799
[24] JMO 276e R.I. site SGA / cote 26 N 736/1
[25] Le Bourguignon, 18 novembre 1914
[26] Le Bourguignon 2 janvier 1915
[27] fiche MPF site SGA
[28] Le Bourguignon 23 février 1915
[29] MALINOWSKI, Alain Le  chemin des dames. 1. La caverne du Dragon.  Éd. YSEC 2004 p 8
[30] JMO 4e R. de marche de zouaves, site SGA / cote 26 N 839/1
[31] Le Bourguignon 22 janvier 1915
[32] JMO 144e R.I. site SGA / cote 26 N 694/7
[33] Le Bourguignon  7 juin 1915
[34] Le Bourguignon 16 janvier 1915
[35] Le Bourguignon 16 janvier 1915
[36] JMO 17e Bataillon de chasseurs à pied site SGA / cote 26 N 821/8
[37] JMO 29e régiment de Dragons site SGA / cote 26 N 885/1
[38] Le Bourguignon 31 mai 1915
[39] JMO 109e  R.I. site SGA / cote 26 N 680/1
[40] S.M. : section de mitrailleuses
[41] JMO 156e R.I. site SGA / cote 26 N 699/9
[42] Le Bourguignon, 12 octobre 1914
[43] Le Bourguignon 22 décembre 1914
[44] JMO 44e B.C.P. site SGA / cote 26 N 827/13
[45]         AMA 4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre. Cliché 2809 , Le Bourguignon 8 janvier 1916
[46] Le Bourguignon,  17 novembre 1914
[47]         Registre de matricule de l’école maternelle de Paris, années 1917-1918-1919, collection O.C.
[48] JMO 44e B.C.P. site SGA / cote 26 N 827/13
[49] JMO 42e B.C.P. site SGA / cote 26 N 827/8
[50] Le Bourguignon  19 décembre 1914
[51] 4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre.
[52] Le JMO du 26e BCP n’existe plus.
[53] JMO 60e B.C.P. site SGA / cote 26 N 832/6
[54] 4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre.
[55] Le Bourguignon,  22 octobre 1914
[56] Le Bourguignon,  22 octobre 1914
[57] JMO 37e R.I.  site SGA / cote 26 N 612/9
[58] JMO 57e e B.C.P. site SGA / cote 26 N 831/1
[59]         Enregistré à l’Etat civil, mais non inscrit sur le monument aux morts.
[60] JMO 57e e B.C.P. site SGA / cote 26 N 831/1
[61]         AMA, d’après Cahier des morts et disparus d’Auxerre 4H5.
[62] Le Bourguignon  11 mars 1915
[63]         Registres de matricules ADY.
[64] Le Bourguignon  22 octobre 1918
[65] JMO 57e B.C.P. site SGA / cote 26 N 831/1
[66] Le Bourguignon  2 février 1915
[67] Le Bourguignon 2 février 1915
[68] JMO 60e B.C.P. site SGA / cote 26 N 832/6
[69] JMO 97e R.I. site SGA / cote 26 N 672/10
[70]         Registres de matricules, ADY 1 R 740
[71] JMO 38e Division d’infanterie, SGA 26 N 333/1
[72] AMA, d’après Cahier des morts et disparus d’Auxerre 4H5 et d’après Le Bourguignon 15 mars 1915
[73] JMO 60e B.C.P. site SGA / cote 26 N 832/6
[74] JMO 60e B.C.P. site SGA / cote 26 N 832/6
[75]         4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre. Cliché 127_2770
[76] Le Bourguignon  2 février 1915
[77]         4H5 cahier des morts et disparus d’Auxerre. Cliché 128_2890
[78] JMO 37e R.I. site SGA / cote 26 N 612/9
[79]         Registres de matricules, ADY 1 R 623
[80] Le Bourguignon 9 mars 1915
[81] JMO 146e R.I. site SGA / cote 26 N 695/2
[82] JMO 160e R.I. site SGA / cote 26 N 701/6
[83] JMO 4e B.C.P. site SGA / cote 26 N 817/1
[84] Le bourguignon  23 décembre 1914
[85]         L’une des boutiques subsiste de nos jours, elle est occupée par un fleuriste rue du Pont ;
[86]         Madame Ladier, petite fille en a gardé précieusement un exemplaire.
[87]         née le 21 février 1891.
[88] Le Bourguignon  22 octobre 1915
[89]         Lettre précédée de plusieurs télégrammes envoyés par Alix à sa femme , insistant pour qu’elle vienne à Troyes.
[90]         Henri = époux de Marie, frère de sa femme, resté à Auxerre.
[91]         Marie= sa belle-sœur, est l’épouse et travaille à Troyes. Elle n’est pas en très bonne santé et mourra en 1916.
[92]         Simone : est leur fille née en juillet 1911 ; elle a donc 3ans quand Alix Guitard écrit cette lettre ; elle est sa nièce par alliance ;
[93]         Date qui ne correspond pas aux indications du SHAT.
[94]         Ecrit d’une autre main.
[95]         Reçu au collège Denfert-Rochereau, en décembre 2002.
[96] Mort le 27 novembre 1914 à Langemark d’après les registres d’Etat civil de la ville d’Auxerre. Mais ce soldat ne figure pas sur le monument aux morts de la ville.
[97] Le Bourguignon  29 décembre 1914
[98]         D’après cahier des morts et disparus d’Auxerre, 4H5.
[99] JMO 37e R.I. site SGA / cote 26 N 612/9
[100] Le Bourguignon  22 décembre 1914
[101] Le Bourguignon  18 mai 1916
[102]        D’après cahier des morts et disparus d’Auxerre, 4H5.
[103] Le Bourguignon 25 janvier 1915
[104] Le Bourguignon 16 février 1915
[105] JMO 4e B.C.P. site SGA / cote 26 N 817/1
[106] Sur la côte à 20 km  NE de Dunkerque.
[107] Le Bourguignon 12 janvier 1915
[108] JMO 29ème régiment de Dragons site SGA / cote 26 N 885/2
[109] D’après cahier des morts et disparus d’Auxerre, 4H5 et Le Bourguignon 31 décembre 1914
[110] D’après cahier des morts et disparus d’Auxerre, 4H5.

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